Fiche de présentation

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KIKOÏNE, Michel

né le 31 mai 1892 à Gomel, Biéloussie; 1904, après des études rabbiniques, Beaux-Arts, Minsk; 1908-1911, Beaux-Arts, Vilnius, Lituanie, où il rencontre Soutine* et Kremègne*; 1912, juif, ne peut résider à Saint-Pétersbourg et émigre à Paris; Beaux-Arts, Paris, chez Cormon; s'installe à a Ruche*; 1914-1918, participe à la guerre dans l'"Armée des étrangers"; entre les deux guerres, participe à la vie de Montparnasse* et de ce que l'on appellera l'école de Paris*; 1920, naissance de Jacques Kikoïne, peintre sous le nom de Yankel*;1940-1944, se réfugie à Toulouse; 1950, séjourne en Israël; 1968, meurt le 4 novembre à Paris d'un infarctus.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Sa peinture est révélatrice du courant venu de l'Europe centrale juive : un expressionnisme* mâtiné d'une touche tantôt fragmentée à la Cézanne, tantôt ondulée à la Renoir, le plus souvent simplement nerveuse et malaxant le dessin au moment où elle le crée. Forêt sous la neige, (1915, mus. d'Art juif, Paris) est de facture naturaliste. Il mélange les médiums, crayon de couleur, gouache, huile, pour un chromatisme profond qui fond les verts et les rouges et permet à la lumière de sourdre de la pâte, Le Pont-Neuf, (1918, MNAM) ou Nature morte de chasse, (1937, MNAM), une atmosphère grave, rarement emportée par un excès du trait. Celui-ci abandonne peu la mesure et quand il le fait, il signale plus un remous de l'âme qu'une tempête cosmique, Grands Peupliers, (1928) ou Autoportrait, (1950, MNAM), Nu assis, (1952). Il crée une dimension mystique, on voudrait dire "de cathédrale". Il malaxe les couleurs pour aboutir à des mélanges à dominante brune, révélateurs de l'angoisse spécifique de ces ashkénazes exilés une fois de plus. Proche de Kremègne* par la modération du geste, ils s'éloignent, ensemble, des soubresauts tourmentés de Soutine*, Le Pont neuf, (cfr supra), ou La Femme au chapeau, (1963). Son séjour en Israël éclaire sa palette, Saint-Jean-d'Acre, (1950), vue panoramique au centre légèrement chamboulé.

Expositions : 1919, La Licorne, Paris ; 1921, Zborowski, Paris.

Musées : Fondation Kikoïne, Paris.