Fiche de présentation

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SAURA, Antonio

né le 22 septembre 1930 à Huesca, Aragon, Espagne ; frère aîné du cinéaste Carlos Saura ; 1947, commence, à la suite d'un premier cancer guéri, à peindre en autodidacte ; 1953-1956 séjourne à Paris ; 1957, membre fondateur d'El Paso*; 1967, vit et travaille à Paris, Madrid et Cuenca ; 1995, opéré de la hanche, doit arrêter de peindre et se consacre au dessin; Prix de peinture de la ville de Paris ; 1998, meurt le 22 juillet à l'hôpital de Cuenca d'une leucémie.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : De 1948 à 1955, ses débuts sont surréalistes*, automatistes*. En 1956, vient l'abstraction* lyrique. Se battre avec la toile ; y jeter rageusement des coups de pinceau trempés dans une palette limitée (au noir et blanc, parfois souligné de marron) et organisée en buisson; partir de la non-figuration* du querelleur admiré, Pollock*, Claire, (1956, IVAM) ou Silvia, (1959), où l'on ne distingue que l'orbe de deux seins et celui de l'oeil; crypter sous le foisonnement des traits un portrait imaginaire et schématique. Puis ordonner ces mêmes traits pleins de fureur, en crucifixions, aux raccourcis audacieux, Crucifixion, (1953), Crucifixion 12, (1959, MNAM), Grande Crucifixion, (1963, BvB) Crucifixion, (1979, SOFIDU), inspirées du Christ du triptyque d'Issenheim ; revenir aux portraits tragiques, Nong dans son fauteuil, (1985); admirer enfin De Kooning*, c'est protester contre les ordres académique et politique dans la fidélité à l'art gestuel furieux et efficace. Il y a du Michaux* dans La Foule, (1959, 1963), apaisée parce que les figures innombrables sont de dimensions réduites et regroupées dans la moitié inférieure de la toile ; on paraphrase Hugo : "Le champ couvert de morts, sur qui levait le jour". Il déroge en recourant à la couleur pour des gouaches de vitraux que les siècles ont couverts de fumées, Cathédrale, (1963), ou, à l'opposé, en Cocktail-Party, (1962), goyesque et cobresque*. Il accumule les formes régulières, une spirale raide marquée d'un point-oeil, qui fait songer à une grève de cailloux identiques ou au Panier d'huîtres d'Ante Pavélitch de Malaparte, Diada, (1978-1979, MNAM). Durant toutes les années 1980, il scrute les visages, touffes de traits dans lesquels apparaissent des yeux ou des nez multiples, lointaine réminiscence picassienne*. Tout cela en noir et blanc, touché discrètement de beige, Portrait imaginaire, (1981, Rou). En 1983, variation sur le thème de Dora Maar, Portrait révisé de Dora Maar, (1983, MPA). Dans les années 1990, les personnages sont réduits à leur tête, et les têtes entassées en mur, vivants, à l'encontre des crânes des catacombes. D'autant plus vivant qu'il ne lésine pas sur le nombre d'yeux, qui dardent dans leur noir et blanc, rehaussé, légèrement, de marron. Portrait imaginaire de Philippe II, (1984)..
De 1956 à 1996, Montages ; il  dessine sur des bouts se papier d'un trait noir épais; ii les regroupe ensuite par 16 sur un panneau noir ; cette production s'intensifie entre 1971 et 1979 quand il épouve des difficultés à peindre. Ils ne sont montrés qu'en 2011.
De 1958 à 1962, Songe et mensonge, série de 41 planches dessinées, satirisant Franco; elles ne sont montrée qu'en 2005, à Toulouse.
De 1985 à 1992, la série Chien de Goya est limitée à une boule ramassée, sorte de mollusque aux yeux d'Argus, niché dans un coin de la toile, centré ou glissant sur un pan incliné invisible. Il est un ordonnateur de chaos. À rapprocher de son contemporain, aussi autodidacte, l'Italien Vedova*.

Expositions : 1950, Sala Libros, Saragosse, (P); 1959, 1990, Stadler, Paris, (P); 1963, Eindhoven et Rotterdam, (P) ; 1997, 2011, Lelong, Paris, (P).

Rétrospective : 1963, Stedelijk Museum, Eindhoven; puis de très nombreuses, à travers le monde, jusqu'en 1989, Wiener sécession, Vienne; Musée Rath, Genève; Centro de arte reina Sofia, Madrid.

Musées : Fondation Saura, Cuenca, Espagne.

Bibliographie(s) : Olivier Weber-Caflisch et Patrick Cramer, Catalogue raisonné de l'oeuvre imprimé, Lelong, Paris, 2001.