Fiche de présentation

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RAVEEL, Roger

né le 15 juin 1921 à Machelen-sur-Lys, Flandre, Belgique ; 1933-1937, et 1940-1942, académie de Deinze ; 1942-1945, Académie royale des Beaux-arts de Gand ; 1962, séjourne en Italie ;1963, enseigne à l'académie de Deinze ; 2013, meurt le 30 janvier à Deinze.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : À travers  une carrière commencée en 1950, il anticipe le style pop*, qui ne sera défini qu'au début des années 1960 ; il en est LE précurseur, avec les éléments simplifiés et schématisés de la réalité, brossés d'un pinceau raide et se mouvant sur des fonds non peints ou recouverts de blanc, de manière à ménager de vastes respirations. A fortiori anticipe-t-il les Nouveaux réalistes*.
Adepte de la forme carrée, il en frappe nombre de ses toiles, il l'échange contre un véritable miroir, de telle manière que le spectateur puisse achever son oeuvre en s'y incorporant par le reflet, Femme au miroir, (1965), comme le vulgarise Paolini*. Il incorpore des cages d'oiseaux vivants, Le Jardin d'en dessous,  (1962), des roues de bicyclette, mais contrairement à Rauschenberg*, qui use arbitrairement d'objets pour faire voir des choses de la vie quotidienne, il leur donne dans ses tableaux la place réelle qui aurait pu être la leur s'il avait décidé de les peindre. Raysse* fait de même à la fin des années 1960. 
Première période, 1949-1956 :
Proche de la troisème, encadrants noirs, le choc rouge du bras droit, en premier plan, le visage rempli de stries équidistantes - peut-être des rides? - et un arrière-plan également schématisé. L'essentiel de son style est présent. Dans La Tricoteuse (1953), ce sont les mains qui sont striées et qui attirent l'oeil, tandis que le reste du tableau est perdu dans un flou d'où les formes se détachent. Les visages sont parfois remplacés par des taches de couleurs vives, soigneusement rangées, ce que fait Arroyo*vingt ans plus tard en 1973. Les paysages sont traversés de rectangles vides en poteaux. La réalité est omniprésente quoique gardée à distance par un travail destiné à frapper raidement l'oeil et l'imagination, Hommage à Giotto (1956, MOst).
Deuxième période, 1956-1962 :
Six ans de non-figuration*, durant laquelle les couleurs sont vives, tantôt jetées informellement, Peinture °58, (1959-1960, MRBABx), tantôt soucieuses de plans structurés, Composition, (1956, MSKO), tantôt encore déployant les charmes d'abysses impressionnistes, Yin-Yang, (1958-1959, triptyque), Sans titre, (1959, KSil), qui est tachiste*. Même si la patte de l'artiste peut être retrouvée dans cet interlude, grâce au carré, notamment, et à une certaine texture de la matière, il s'agit d'une parenthèse, puisqu'il est délibérément figuratif. La Femme au bras rouge (1949-1951) annonce, si on ose dire, la couleur de la suite.. La schématisation soulignée par des traits
Troisième période, 1962:
Il revient à la figuration en ayant légèrement infléchi son style : les silhouettes sont moins nettes ; elles coexistent avec des plages de peinture presque non-figurative, circonscrites dans une forme ou dans un contexte figuratif;  c'est ici que les objets remplacent la peinture, en tiennent lieu, Basse-Cour II (1963, CCB), La Terriblement Belle Vie (1965), résume le genre avec sa porte, son chat, son oiseau peints sur fond structuré mais se moquant des règles de la symétrie et de la figuration orthodoxes ; et la cage est remplie de canaris bien vivants. Couple (1968, MRAMBx) est un autoportrait en pied tenant par la main une silhouette vide, de femme. Dans le dépouillement d'Une des milliers de rues de village encore visible en Flandre (1972, SMA), deux signaux stridents frappent un paysage serein, un vide de poteau et une succession de raies rouges et vertes insolites ; c'est le choc entre une vue rurale placide et l'incursion des stimulants de la modernité. Souvenir de la mort de ma mère, (1985), une courtepointe sur lune couverture, entre deux montants de lits d'origine.  Père et fils, (1991, SMA) rassemble encore une fois le mélange des genres qu'il harmonise : réalisme des personnages et compromis entre l'abstraction* et la figuration.
Au début de cette troisième période - le milieu des années 1960 -, le comte de Kerchove de Dentergem lui passe commande de la décoration des couloirs de cave de son château à Beervelde. Il s'adjoint trois confrères de dix ans plus jeunes, Raoul De Keyser*, né en 1930, Étienne Elias*, né en 1936 et Reiner Lucassen*, néerlandais né en 1939. À quatre, ils réalisent des fresques mêlant, comme c'est l'usage du chef d'équipe, la réalité avec des séquences abstraites, le flou avec des plans nets, la déformation des perspectives, rythmant le vide de contours colorés ou de silhouettes d'objets, pour créer un ensemble cohérent et syncopé.

Expositions : 1943, Musée de Deinze ; 1977, Jean Leroy, Paris ; 1968, Biennale de Venise.

Rétrospective : 1972, musée de Laethem et de la région de la Lys ; 1974, Stedelijk Museum, Amsterdam ; abaye Saint-Pierre, Gand ; 1983, palais des Beaux-Arts, Bruxelles.

Musées : Musée Raveel, Machelen-sur-Lys.

Lieux publics : Fondation Veranneman, Kruishoutem  ; Station de metro Mérode, Bruxelles, 1976  ; Hall d'entrée et des étages du Centre de pilotage, Ostende, 1990.