Fiche de présentation

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LEROY, Eugène

né le 8 août 1910 à Tourcoing, Nord, France ; 1927, premier dessin daté ; 1931-1933, brefs séjours aux Beaux-Arts de Lille et de Paris ; 1936, premier voyage aux Pays-Bas et découverte de Rembrandt ; 1996, grand prix national de peinture ; 2000, meurt le 8 mai à Wasquehal-lès-Lille.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Il n'est point besoin d'un accrochage chronologique : depuis toujours, il oeuvre hors des modes. Ses toiles sont aussi fournies que des palettes employées depuis des années. Les regardant de profil, on aperçoit, dans plusieurs centimètres d'épaisseur d'huiles à dominante de marrons avec de petites éclaboussures de tons plu vifs, des creux et des vagues provenant de longues superpositions de pâtes, de reprises permanentes qui confirment l'authenticité de l'artiste lorsqu'il se dit difficilement satisfait de lui-même. Il se veut délibérément figuratif, mais il faut parfois 5 m de recul et le choix du bon angle pour entrapercevoir une forme humaine, un nu ou un visage - et plus rarement un paysage - se détachant du magma accumulé pour rendre la lumière des contre-jours, Peinture hiver, (1980, SMAK), Emma de Los Angeles, (1984-1985, VAbbe), Autoportrait, (1986, Vd'A), ou Seul, (1987, MNAM). Dès l'enfance (11 ans, dit-il), il est fasciné par Rembrandt et l'on comprend que ces accumulations de matière poursuivent, au XXe siècle, l'équivalent des clairs-obscurs. Plus on avance dans sa carrière, plus son obsession de la finitude augmente et plus il faut de contemplation pour que se révèle l'image, La Grande Rousse, (1995, PIC). Démarche personnelle, unique, d'une volonté d'effacer le sujet devant la peinture, à l'extrême opposé des minimalistes*. Cette manière est adoptée au milieu des années 1950 ; ses débuts, en 1937, sont ceux d'un expressionniste* figuratif de pâte déjà épaisse, tenté par l'abstraction*, Vue du port, (1945), puis s'essayant à la dissolution du corps, à la manière de De Kooning*, dans des huiles grises comme la mer du Nord, Silhouette de femme, (1950, Vd'A) ou sombrement colorées, Autoportrait , (ca. 1950, Musée des Beaux-arts, Tourcoing) et près de cinquante ans plus tard, il n'a pas dévié de sa voie, L'Homme à la tache rouge, (1990). En 1964, il commence une oeuvre de graveur.

Expositions : 1937, Monsalt, Lille, (P) ; 1943, Else Clausen, Paris, (P) ; 1965, Harvard University, Cambridge, (P ); 1991, 2010, gal. de France, Paris.

Rétrospective : 1982, Musée Hedendaagse Kunst, Gand ; 1987, Musée de Villeneuve-d'Ascq ; 1988, Van Abbe Museum, Eindhoven, et Musée d'Art moderne de la ille, Paris ; 1993, Musée d'Art moderne et contemporain, Nice ; 1996, Kunsthalle, Bâle.

Musées : MUba Eugène Leroy/Tourcoing, (Musée des Beaux-arts, Tourcoing-les-Lille) 50 tableaux et 200 dessins,

Lieux publics : 1946, Crucifixion, Chapelle Notre-Dame des Victoires, Roubaix ; 1959, Vitraux pour Notre-Dame des flots, Dunkerque.

Citation(s) : Il a dit :
- Tout ce que j'aie jamais essayé en peinture, c'est d'arriver à cela, à une espèce d'absence presque, pour que la peinture soit totalement elle-même.
- La peinture, c'est la boue primitive, c'est la terre et la mer encore jointes.