Fiche de présentation

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LE CORBUSIER, ( Charles-Édouard Jeanneret, dit )

né le 6 octobre 1887 à La-Chaux-de-Fonds, Neufchâtel, Suisse ; 1901-1905 suit les cours de gravure ornementale de montres à l'école d'art de La-Chaux-de-Fonds ; 1905-1908, étudie l'architecture ; 1912, enseigne à La-Chaux-de-Fonds ; 1917, s'installe à Paris; 1918, signe avec Ozenfant* le manifeste du purisme*; 1920-1925, co-fonde et co-dirige la revue L'Esprit nouveau*; 1930, naturalisé français ; 1950, crée le Modulor, rencontre entre la section d'ordres grecs et la taille moyenne du corps humain, i.e. 1,63m ; 1965, se noie après une crise cardiaque, le 27 août à Roquebrune-Cap-Martin ; enterré au cimetière de Roquebrune-village, après des funérailles nationales dans la cour carrée du Louvre, entre de la terre de l'Acropole et de l'eau du Gange.
signature : jusqu'en 1928, Jeanneret, puis Le Corbusier.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : L'un des buts du purisme dont il signe le manifeste est d'abstraire la forme de la réalité et de l'épurer, La Cheminée, (1919, fond. Le Corbusier, Paris, ou FLC), ou Nature morte à l'oeuf, (1918) . L'autre objectif est d'assembler ces formes de manière arbitraire pour donner à l'oeuvre une réalité organique, issue des formes de la vie quotidienne, pots et brocs, Nature morte, Léonce Rosenberg, (1922), ou Nature morte du pavillon de l'Esprit nouveau, (1924, FLC) ou Violon, verre et bouteille, (1925, MAMCLg ) ; ces oeuvres sont plus colorées que celles d'Ozenfant et se réduisent à l'essence plastique des objets. Et ainsi jusqu'en 1927, tant dans ses huiles que dans ses dessins d'ingénieur, oeuvres d'art par eux-mêmes. L'objet est désarticulé dans la tradition cubiste*, mais le classicisme, prédominant, va souligner les courbes des structures plus que les angles. La femme entre dans les entrelacs volumétriques de ses tableaux, comme une ligne sans fin, Projet pour Cap-Martin, (1937).
Depuis 1930, il se libère de la rigueur qui faisait coïncider les papiers avec le contour des encres de Chine. Il adopte la liberté de l'un par apport à l'autre, -et Léger* l'adopte aussi en 1942. Il pousse même jusqu'au baroque, adoptant des ondulations anticipant celles du Pignon* du début des années 1950, Couple allongé, (1932). En 1926, à la demande de l'un de ses amis, il exécute 50 aquarelles sur le thème du music-hall. Elles ont la fraîcheur et la translucidité - à défaut de la mobilité - de Raoul Dufy*, en même temps que l'aspect sculptural de Zadkine* : la disposition des corps, leur musculature sont constitués sans que la forme sit défigurée, elle est simplement outrepassée. De 1932 à 1950, c'est la grande période de l'art mural. Il donne à ses figures frontales, les rondeurs de ses pots, Personnages, (1938), Barcelone, (1939), mais crée aussi des biomorphes non-figuratifs comme Ubu, Le Soir, (1958, KAI). Il intègre au purisme, du vocabulaire picassien*, Femme couchée, (1953) ou Je rêvais, (1953) ou encore,Taureau VI, (1954, MPSG) ; les couleurs se sont avivées. De 1952 à 1964, il peint et dessine sur panneau, Nus et oiseau, (1954). ou sur des collages partiels de journaux. Totem, (1961), table au plan relé à la Braque*
Chapelle de Ronchamp
Il est avant tout architecte, sculpteur, pourrait-on dire, du bâtiment en forme de chapelle qu'il pose en 1955, sur la colline de Ronchamp, Haute-Saône, dont les formes souples, biologiques, se doivent d'être vues sous le soleil parce qu'il se charge d'en modifier sans cesse l'aspect, (maquette en plâtre au musée national d'art moderne, Paris).
C'est à compter de 1945 qu'il s'intéresse grâce à Constantino Nivola*, à la sculpture proprement dite et à la technique du ciment coulé dans du sable; il devient sculpteur par personne interposée, confiant à l'ébéniste Joseph Savina, la mise en bois, en trois dimensions de certains de ses tableaux ; Petit homme, provient d'un tableau de 1931 et Ozon Opus, reprend les biomorphes de sa peinture Ubu.
Il travaille le verre sous l'impulsion de Costantini*, la tapisserie et l'émail pour pouvoir exposer ses oeuvres à l'extérieur.
De 1912 à 1960, il réalise la mise en page et la graphisme de couverture de 35 livres. Lissier, La Licorne passe sur la mer, (double tapissertie dans laquelle il se souvient une fois encore de Picasso

Expositions : 1918, Thomas, Paris ; 2007, Michel Zlotowski, Paris, (P).

Rétrospective : 1953, Musée national d'art moderne, Paris.

Musées : Fondation Le Corbusier, Paris

Citation(s) : Il a dit :
- Je suis peintre, fondamentalement, avec acharnement, puisque je peins tous les jours. J'ai commencé il est vrai, tardivement, à l'âge de 33 ans, et tout de suite sérieusement.-Mesure-t-on à quel point ces jardinage, labourage, sarclage patients et obstinés des formes et des couleurs, des rythmes et des dosages, alimentèrent chaque jour les architectures et les urbanismes? Je pense que si on accorde quelque chose à mon oeuvre d'architecture, c'est à ce labeur secret qu'il faut en attribuer la vertu profonde. On ne me reconnaît que comme architecte, on ne veut pas me reconnaître comme peintre et cependant cest par le canal de ma peinture que je suis arrivé à l'architecture.-Là où naît l'ordre, naît le bien être.
On a dit :
- Architecte masochiste et protestant, Le Corbusier qui est, comme on le sait, l'inventeur de l'architecture d'auto-punition.   (Salvador Dali).
- Il avait été peintre, sculpteur et plus secrètement poète. Il ne s'était battu ni pour la peinture, ni pour la sculpture, ni pour la poésie. Il ne s'est battu que pour l'architecture. (André Malraux, Oraisons funèbres).

Bibliographie(s) : Jean-Pierre Jomod, Catalogue raisonné de l'oeuvre peint, 2001.