Fiche de présentation

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KLOSSOWSKI, Pierre

né le 9 août 1905 à Paris, France; fils du critique d'art Erich Klossowski* et de sa femme Baladine Klossowska*, élève de Bonnard; frère aîné de Balthus*; 1914-1916, les parents, de nationalité allemande, se voient confisqués leurs biens; 1924, recmmandé comme secrétaire à Gide par Rilke; traducteur de l'allemand et du latin; fréquente à la Grande Chaumière*; naturalisé français; réformé de l'armée pour cause de pneumonie; 1940-1945, fréquente chez les bénédictins et les dominicains pour des étudesde théologie; 1946, abjure le protestantisme; épouse Denise, veuve de guerre rescapée de Ravensbrück, qui devient "Roberte" et dont la fille Frédérique sert de modèle à Balthus; 1952, commence à peindre; 1953, premiers grands dessins; 1957, abandonne le dssin; 1972, le reprend et abandonne quasiment, l'écriture; 1994, des troubles de la vue lui font arrêter le travail plastique; 2001, meurt le 12 août à Paris; est inhumé au cimetière de Montparnasse.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : De Sade, mon prochain, (1947) aux Lois de l'hospitalité, il fait un film, Roberte interdite, (1968), tourné par Pierre Zucca et interprété par sa femme, Denise Morain Sinclaire. Du film, et singulièrement de la séquence des barres parallèles, il tire, de 1972 à 1985, une suite de crayons de couleurs pâles, sur toile, grandeur nature, appareillée de légendes qui expliquent, avec ambiguïté, la succession des images. Dès Diane, (1952), contre-plongée de masturbation, ou Lucrèce et Tarquin, (1952), une scène de viol, il commence à dessiner en amateur averti et sous le même titre, une rare aquarelle, (1952). Ses dessins sont d'un académisme revu par l'érotisme le plus cérébral, ligne souple et construction raide, à peine touché de couleurs. Celles-ci deviennent encore que toujours pâles, plus affirmées dans ses grands dessins à la min de plomb, Diane et Acteon, (1953), la femme de 50 ans, habillée à la mode surannée des années 1950, fantasme-t-elle sur elle ou sont-ce les hommes qui lui font subir ces outrages et son mari qui règle la mise en scène? Probablement est-elle partagée entre la honte et le désir, un désir désamorcé par cette bienséance distante dont elle ne se départ point, même lorsqu'elle est à moitié dévêtue, chapeau en tête et sous-vêtement d'autrefois au vent. En 1981, Roberte est entourée de mâles aux poses suspendues, liturgie sadienne de l'impuissance. Dans Sieste à Vérone, (1983, FNAC), Roberte pose alanguie, somnolente et se masturbe. Mais il ne s'agit pas seulement d'onanisme, d'exhibitionnisme, de voyeurisme, de sadomasochisme, lorsqu'il commence à dessiner à la mine de plomb un nu avec un escargot emblématique, en 1954, il traite aussitôt de la bestialité; avec Diane et Actéon, (1957). À 65 ans, il entame le thème pédérastique d'Ogier, discret encore sous les costumes des chansons de geste, de crayon de couleur plus fourni et plus dense, puis il enchaîne de 1985 à 1990 avec le thème de Ganymède. Vers le milieu des années 1980, il glisse vers des perversios plus sophistiquées, inspirées de la vie des saints, Saint Nicolas, (1987), en quatre épisodes, ou vers des mythologies, Lucrèce et Tarquin, (1990). Toujours au format unique de 1,50 x 1 m. et au crayon de couleur posé par traits simple ou croisés adopté, lorsqu'en 1953, il abandonne l'aquarelle. Son obsession est protéiforme et permanente comme sa technique; cependant il l'expose comme des fables, non seulement par les titres qui l'indique mais également par l'introduction de second rôles, géants ou nains. En 1990, il fait reproduire à trois dimensions ses couples, en bois et résine peinte, Roberte aux barres, ou Diane et Acteon, présenté devant une toile de paysage alpestre. De 1955 à 1960, il débute par une série de portraits précis à la mine de plomb, Breton, (1955), Gide, (1957), à la ressemblance lointaine, Roland Barthes, (1960), Balthus, (1986); chacun est accompagné du dessin d'une statuette emblématique.

Expositions : 1956, Cour de Rohan, Paris, (P) ; 1968, Aurora, Genève, (G) ; 1969, Il Segno, Rome, (P) ; 1985, 1997, Rachlin-Lemarié, Paris, (P).

R├ętrospective : 1990, FNAC, Paris ; 1991, centre d'art Reine Sofia, Madrid, et Palais del Scala, Valence ; 2004, Sérignan ; 2006, Whitechapel, Londres ; 2007, musée Ludwig, Cologne et centre Pompidou, Paris.

Citation(s) : Il a dit :
- Finalemen, pour moi, la vision la plus authentique de ce que je fais, c'est ce que je montre et non ce que je fais lire.
On a dit :
-  Supposons, si vous le voulez bien, et cela elle seule pouvait le savoir : ce garçon, indéniablement, lui a fait violence, mais, entraînée par son propre instinct,n'aurait-elle pas fini par consentir ?   (Saint Augustin, La Cité de Dieu, à propos de Lucrèce et de Tarquin).