Fiche de présentation

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KELLY, Ellsworth

né en 1923 à Newburgh, New York, États-Unis d'Amérique; 1946-1948, Boston Museum School ; 1948-1949, Beaux-Arts, Paris ; 1954, quitte Paris pour retourner à New York ; 1969, s'installe à Spencertown ; ca. 2010, atteint d'insuffisance pulmonaire, dépend d'une bombonne d'oxygène.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : S'il fallait, pour le situer, rapprocher ses oeuvres de jeunesse - 1940-1947 - d'une école, ce serait de la peinture italienne : portraits emblématiques des Valori Plastici* et plus rares paysages métaphysiques ou natures mortes, variantes de De Chirico*. Ses figures de 1948 ont la fixité, la frontalité, l'impassibilité de visages plus romans que byzantins, avec des rotondités simplificatrices qui évoquent Campigli*. Il commence à s'intéresser aux plantes, les stylisant pour fournir l'équivalent peint des papiers découpés de Matisse*, Plant,1, (1949, KMO). D'après ses propres dires, il ne cherche pas à arranger les formes mais à les diviser, en réaction contre l'abstraction* lyrique, dans la filiation du néo-plasticisme*. Commence alors sa poursuite de l'abstraction. Tout motif banal lui sert d'inspiration pour sa réduction graphique à l'essentiel, que ce soit Toilette, (1949), w-c à la turque transposé en poupée ashanti, ou Kilometer Marker, (1949), promu à la dignité d'un cintre roman; du court de tennis à l'ostensoir et à la mandorle, tout lui fournit du grain à moudre pour sa boulimie d'amaigrissement. "J'allais partout à la recherche de formes". Les fenêtres le fascinent et il en tire des panneaux rigoureusement abstraits, et n'était le titre, non-figuratifs*, Window, (1949, MNAM). Il reprend l'équilibre de cette ouverture, inventée par l'architecte du palais de Tokyo en 1937, en fait la réplique de telle manière que tableau et fenêtre se confondent en une démarche pré-conceptuelle*, où est la réalité, où et l'art ? Si les fenêtres l'attirent, c'est à cause de leur dessin orthogonal dont la grille est l'aboutissement le plus radical. D'où les carroyages et l'arrivée à Spectrum Colours Arranged by Chance, (1951-1953) avec sa mosaïque de 1 444 carreaux, disposés de bord à bord, par hasard, affirme-t-il. Cela peut ne se référer à rien ou renvoyer à une mosaïque byzantine aussi bien qu'à un carrelage de salle de bain. Avant lui, Taeuber* et Klee* avaient esquissé ces quadrillages colorés, sans "all over", et avec le choix par l'artiste de l'emplacement des couleurs. Au même moment (encore que ses carrés, savamment étudiés, soient datés de 1958), il y a Lohse*. Après lui, Richter*, en 1973, reprend sa démarche. Le carroyage le plus abouti et le plus connu est celui de Colors For a Large Wall, (1951, MoMA) aux 64 carrés, indépendants, Hard Edge*, ajustés en damier d'échiquier, portant la couleur de bord à bord, repoussée en quelque sorte, par le mur qui la porte; il veut une peinture qui sorte du ur et non plus une peinture qui y soit accrochée. Auparavant se situe sa création abstraite la plus originale. Il se fait l'homme de l'ombre, captant celle-ci et la restituant en fonction de sa valeur et de son équilibre graphique. C'est surtout la série des quatre La Combe, (1950-1951), avec ses juxtapositions verticales des bandes d'un escalier métallique porteuses des ombres de sa rambarde; la portée qu'il en tire, monochrome sur blanc, est musicalement syncopée. De même il s'inspire du ciel bleu au travers de la frondaison verte d'un arbre, Escher, (1951), ou de la lèpre de bâtiments parisiens, Cité, (1951), fragments assemblés de découpages d'une oeuvre réalisée en continu, proche du Vasarely* ou du Soto* de la même année. De il passe à l'assemblage varié de monochromes rectangulaires, carrés ou multiples, s'étendant en bandes. C'est la transition vers les monochromes simples aux formes tranchées en Hard Edge, moulées en shaped canvas*, reprises ouvent à une section de grande circonférence, Red Curve IV, (1973, MPSG). Il réalise des oeuvres jumelles, en noir et blanc, comme ce carré noir sans encadrement (c'est-à-dire carré évidé) blanc et réciproquement. Avant de quitter la France, il conçoit, à partir d'une arche de pont et de son reflet dans l'eau, le premier shaped canvas, White Plaque, Bridge and Reflexion, (1951-1955). Parfois la forme nette et tranchante retourne au végétal auquel il s'est intéressé jadis, Blue on White, (1961, NMAA). Le plus souvent, c'est la géométrie rectiligne qui le retient; il articule des superpositions de carrés progressifs dans un angle du plus grand, Red, Yellow, Blue, (1963, FMSP). Le premier triangle, Green White, (1966), est un souvnir du foulard vert d'un jeune fille suivie dans Central Park. Mais, dorénavant, sa peinture consiste principalement en monochromes, Blue Pannel, (1977, MET), aux surfaces régulières ou irrégulières, de couleur pure, sans modulation, séparées par es lignes tranchantes, Yellow Red, (1972, MNAM), Il juxtapose des panneaux, Blue, Green, Red, I, (1965, SMA), Pannel Yellow-Blue, (1970, MAMStE). L'architecture nue et la peinture monochrome se répondent par leur mise en valeur réciproque. Dans Sans titre,(1982, MET), les carrés monochromes sont devenus irréguliers. Cet emploi de la couleur unie renvoie alors au minimalisme*, Black/White, (1988, MNAM), diagonale partant d'un angle supérieur pour aboutir à 1/3 du bord inférieur, séparant ainsi deux zones irrégulières. Depuis 1949, il est aussi sculpteur ; il débute par des bas-reliefs de carton peints en blanc ; en 2012, il persiste avec des pièces inspirées de l'architecture romaine, en passant par cette mmense pièce de métal en angle droit, de plus de 5 m de haut, aux pans légèrement incurvés, Gaul, (1993, CDA).

Expositions : 1951, Jean-Robert Arnaud dans sa cave de le rue du Four, Paris, (P) ; 1956, Betty Parsons, New York ; 1981, Musée d'art moderne, Paris, (P) ; 2012, Musée de Wiesbaden, et Mathieu Marks, Los Angeles, (P).

Rétrospective : 1973, Modern Art Museum, New York; 1993, Jeu de Paume, Paris ; 1997, Guggenheim, New York; Mimbank, Londres, Haus der Kunst Munich.

Musées : Art Institute de Chicago, 6 oeuvres.

Lieux publics : Deux sculptures murales de 5 m. de haut façade de l'Ambassade américaine à Pékin, 2012

Citation(s) : Il a dit :
- Je ne suis pas intéressé par la peinture à accrocher au mur, comme des tableaux. Au diable les tableaux. La peinture doit devenir le mur et, encore mieux, sortir du mur, comme de grandes construction.