Fiche de présentation

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JACQUET, Alain

né le 22 février 1939 à Neuilly, Hauts-de-Seine, France ; études d'art dramatique ; 1959-1960, architecture aux Beaux-Arts, Paris ; 1964-1965, s'installe à New York ; 2008, y meurt le 4 septembre, d'un cancer ; est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris ; 2011, son atelier est dispersé par Joron-Deren à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Controverse : a-t-il découvert dans un catalogue l'expressionnisme* américain, en 1959 et en 1960 et le démarque-t-il, ou l'a-t-il inventé" comme le dit  Mel Ramos* ? Toujours est-il qu'il commence par un jeu de (son) mot Le Jeu de jacquet, (1961), presque carré de 2 m. de côté., triangles bleus et rouges sur fond vert..Et il continue dans sa période ludique avec Jeu de cubes, (1962), d'esprit pop*.
Il ironise sur la culture de l'image, en mêlant des reproductions de classiques avec des éléments de la société de consommation, transgressant les oeuvres d'art classiques par sa série de Camouflages, (1961-1964) ; il recouvre des toiles célèbres par la peinture d'objets dérisoires, La Naissance de Vénus, (1963, musée Forth Worth), met en symbiose la toile de Botticelli et une pompe à essence Shell, ou Camouflage Hot Dog Lichtenstein, (1963), avec ses trames typographiques. Il décompose l'image et la multiplie ensuite par des reproductions sérigraphiques après les avoir tramées et en agrandissant les pigments à l'échelle des points, plus grands que ceux d'un cliché d'imprimerie, Le Déjeuner sur l'herbe, (1964, ACC) ; il fait de même avec des objets dérisoires, lames de parquet ou tôle ondulée, (1968).  Polke*, en 1965, travaille dans ce sens, et Raetz*, en 1966. Il aurait créé, à cette occasion, l'expression Mec art". De la même veine, Parque, (1968), photographie agrandie de lames de bois surmontant, comme un tableau, un canapé recouvert d'un faux tissu écossais de papier fabriqué par des bandes collantes.
À compter de 1974, il reproduit à l'ordinateur des images de la Terre vue par satellite, y ajoutant des éléments hétérogènes pour une astronomie de fantaisie. Il est proche du Nouveau réalisme* et se trouve, dès lors, en terrain voisin du pop*. Avec Jean Tinguely, (1989, FNAC), il récidive dans cette voie. Il poursuit l'ironie avec Blowing Bubbles, (1993), qui se veut le pastiche d'un Pollock* et qui n'est que l'agrandissement d'une tablette sur laquelle reposa un pot de peinture. Simultanément, depuis 1981, il peint de manière traditionnelle en faisant appel aux effets spéciaux anciens, comme l'anamorphose ou l'explicitation, déjà prônée par Léonard, de ce que l'oeil croit apercevoir dans un nuage, par exemple, ou dans une carte géographique.  
Au milieu des années 1990, sa peinture est proche de l'infographie* ou par son "pinceau électronique" en relève, et s'apparente à la Nouvelle figuration* pour ses formes molles et ses teintes criardes; il s'agit d'espaces interstellaires dans lesquels sont capturées l'une ou l'autre planète à la configuration chahutée, noyée dans un ciel étoilé. Proche aussi du cliché astronomique modifié par ordinateur qui commande également les jets de couleur de la palette graphique. Le tout probablement retouché. Il continue à explorer l'imagerie contemporaine par une démarche picturale qui se veut philosophique. Il est aussi sculpteur de déchets assemblés.

Expositions : 1960, Fontaine des quatre saisons, Paris ; 1961, Breteau, Paris, (P) ; 1962, Aujourd'hui, Bruxelles, (P) ; 1963, Robert Frazer, Londres, (P) ; 1996, 2002, Daniel Templon, Paris, (P).

R├ętrospective : 2005, Musée d'art moderne et d'art contemporain, Nice.

Citation(s) : On a dit :Il se peut que ce que noua avons fait, vous, les européens, vous l'ayez fait avant nous, mais nous, nous l'avons fait en miux. (Mel Ramos).