Fiche de présentation

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GOETZ, Henri

né le 29 septembre 1909 à New York, États-Unis d'Amérique  ; MIT et Harvard, puis Grand Central School, New York ; 1930, arrive à Paris et fréquente l'académie Julian; 1935,épouse Christine Boumeester*; 1949, naturalisé français ; à compter de 1950, déploie une grande activité d'enseignement : académies Ranson, de la Grande Chaumière*, puis en 1965, académie Goetz et en 1969, cours à l'université de Vincennes, etc.; 1971, mort de Christine Boumeester; 1989, se suicide, le 12 août, à Nice.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Expédiées les quelques années - 1933-1936 - de figuration fauve* et expressionniste*, qui ouvre traditionnellement toute carrière à cette époque, durant lesquelles il exécute nombre de portraits, il s'adonne, en 1936, au surréalisme*. D'abord dans de grandes toiles qu'il peuple d'objets ovoïdes, insolites, à la texture molle comme des os de caoutchouc, Sans titre, (1935), tels que l'on en voit chez Tanguy* dont il partage le goût pour l'espace aquatique circonvenu dans des grottes, Portrait de Christina (1937, Mus. Goetz-Boumeester, Villefranche-sur-Mer); ensuite dans des tableautins que Breton appelait des "chefs-d'oeuvre corrigés" et qui sont des toiles célèbres revues, en les défigurant et en leur appliquant une immense dose de dérision : Philippe de Champaigne, Watteau, et beaucoup d'autres massacrés. La satire ne se réclame pas toujours des grands ancêtres, elle est maniée aussi sui generis, tel ce portrait de notable, posant en jaquette et dont la figure se trouve réduite à un oeil cyclopéen, dont la cravate se poursuit en cache-sexe dans l'ouverture du pantalon et dont les doigts de la main droite sont affligés du gigantisme des rapaces d'or. Tel ce pastiche de Tanguy, Sans titre (1941-1945, MNAM). À compter de 1943, les objets qui hantaient ses toiles surréalistes* se trouvent, progressivement, réduits à l'état de formes abstraites, dans des teintes tantôt fortes, soutenues, tantôt grisâtres en dégradé, La Cervelle éroite, (1945, MMSF), Hélice chagrinée, (1947, MPSG). En 1946 les formes se simplifient et leur nombre diminue tandis que s'amorce le mouvement; les perspectives en plans superposés s'installent et le dynamisme qui, en 1953, deviendra vent balançant. Les géométries foliées se trouvent emportées par un tourbillon qui semble agiter les papiers et les objets déformés d'une table de travail, Peinture, (1956, MAMVP), les feuillages de forêts sont hantés par des chauves-souris, (1961). C'est cette manière qui s'identifie le plus à son nom. Il ne néglige pas pour autant un genre plus lyrique ou la non-figuration* complète domine, Sniphy, (1962). Les dernières années, depuis 1975 surtout, la palette s'est faite plus acide.
À compter de 1938 il a une très importante production de gravures obtenues grâce à un procédé qui lui fût propre, l'emploi du carborundum, abrasif puissant.
Il est l'inventeur de nombre de méthodes nouvelles.

Expositions : 1937, Van Leer, Paris (P); 1989, Artuel, Paris (P).

Rétrospective : 1976, palais de la Mditerranée, Nice; 1990, Hanin-Nocera, Paris.

Musées : musée Goetz-Boumeester, Citadelle, Villefranche-sur-Mer, Alpes-Maritimes.

Citation(s) : On a dit :
- Tu es comme une plume tombée d'un oiseau solitaire cherchant au fond de l'eau des choses perdues par les autres.(Christine Boumeester).

Bibliographie(s) : Frédéric Nocera, Catalogue raisonné : Tome I, Peintures, oeuvres sur papier 1930-1960, Paris, 2002.