Fiche de présentation

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FEININGER, Lyonel

né le 17 juillet 1871 à New York, États-Unis d'Amérique de parents musiciens d'origine allemande ; 1883, violoniste ; 1887, vient à Hambourg et y étudie la peinture ; 1891, Beaux-Arts, Berlin ; 1906, caricaturiste pour le Chicago Tribune ; épouse Julia Llienfeld Berg, peintre, séjourne à Paris et commence à peindre ; naissance d'Andreas Feininger*; 1910, naissance, à Berlin, de Theodore Feininger, dit Lux, artiste ; 1911, se consacre à la peinture ; 1912, liens avec Die Brücke*; 1913, avec le Blaue Reiter; 1919-1933, enseigne aux deux premiers Bauhaus*; 1933, classé par les nazis parmi les artistes "dégénérés" *, 378 oeuvres sont saisies ; 1936, retourne aux États-Unis, enseigne à Mills College, Californie ; 1937, quitte définitivement l'Allemagne ; 1956, meurt le 13 janvier à New York.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : L'un de ses premiers tableaux conservés, L'Homme en blanc, (1907, Th-B), indique que cette année-là, il est encore caricaturiste et dessinateur (1871-1906), soucieux de l'effet graphique saisi par le premier coup d'oeil. Proche encore de cette manière simplifiée, Les Amoureux, (1916, MNAM). Bathers, (1912, BUSCH) relève de la géométrisation postcubiste, encore que des traits nets s'échappent des coups de pinceau expressionnistes*, Gazomètre à Berlin, (1912, NNG), mais, la même année, il commence des transparences. Les Jésuites, (1915), contre-plongée sur des microvisages engoncés dans des soutanes ondulantes violette ou pourpre,  annonce l'art-déco ou rappelle le baroque. À compter de 1916, il appartient au cubisme* synthétique de la deuxième génération ; il peint des angles de rues, en paravent, avec des fenêtres répétitives qui sont des vides, des trous noirs ou blancs, Derrière l'église, (1916, Mus. de Leicester),  Denstedt, (1917), Terra Architecture II,  L'homme de Potin, (1921, Th-B) ou La Dame en mauve, (1922, ibid), qui reprend un dessin de 1908. Ce mode urbain est celui de Survage* dès 1914, mais Feininger y ajoute des voiles de légèreté. Sa spécificité sera celle d'un cubisme aérien, vibratile, diaphane, fait de transparences, et qui le rend proche des recherches qu'avaient menées certains futuristes*; il lui arrive d'appliquer cette technique à l'expression du mouvement, Vieille locomotive, (1914-1924, KH), mais c'est principalement au jeu de la lumière réfractée qui fait vibrer les formes en prismes qu'il s'attache, Gross Kromsdorff III, (1912, BUSCH).  Église à Niedergrundstadt, Weimar, (1919, NNG), ou les gravures sur bois, conservées au Bauhaus de Dessau,  Cathédrale du socialisme, (1919) et Gelmeroda, (1919, MAGS), où se croisent les verticales des constructions et les diagonales de rayons stellaires ; les tons, dans leurs géométries, sont tout en finesse, en dégradés beiges, gris, rouille, Marine, (1924, MNAM) ou Rue à Treptow, Lumière d'après-midi, (1932, Th-B). Plus tard, Marine au grand voilier, (1940), insiste sur les verticale ou Manhattan Towers, (1944, MAMSF) campe le coeur de New York à l'aide de quelques verticales d'un postcubisme dépouillé dans un frémissement de verts et de bleus, Le trait ferme est devenu brumeux. Villon*, dans la non-figuration*, a réalisé quelque chose d'approchant. Lorsqu'on lui parle de cubisme*, il répond qu'il est "prisma-iste".

Expositions : 1910, Sécession, Berlin ; 1911, Salon des Indépendants, Paris ; 1917, Der Sturm*, Berlin, (P) ; 1950, Jeanne Bucher, Paris, (P).

R├ętrospective : 1931, Galerie nationale, Berlin ; 1944, Modern Art Museum, New York ; 1959-1961, États-Unis, Angleterre, Allemagne ; 1998, Neue national galerie, Berlin ; Haus der Kunst, Munich ; 2011, Whitney, New York ; 2012, Musée des Beaux-arts, Montréal.