Fiche de présentation

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BORGEAUD, Marius

né le 21 septembre 1861 à Lausanne, Vaud, Suisse; 1882, stage dans un établissement bancaire; 1889, dissipe la fortune dont il a hérité et est mis sous tutelle; 1901-1903, Beaux-Arts, Paris; 1904-1909, vit à Moret-sur-Loing; 1909-1923, diverses implantations en Bretagne; 1914-1918, rentre à Lausanne; 1924, meurt le 16 juillet à Paris; est inhumé au cimetière des Batignolles.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : À Moret-sur-Loing, il est impressionniste, à la manière de Monet dont il imite les Meules. Il donne cependant trois exemplaires d'un sujet difficile, Coup de vent, (ca 1908). Dès l'année suivante, il est peintre breton d'intérieurs, comme Utrillo* est, à la même époque, peintre d'extérieurs. Ses intérieurs ont tous les mêmes composantes : la fenêtre ouverte sur un paysage qui fait entrer le tableau dans le tableau, des chromos qu'il emporte avec lui pour les pendre sur le sujet, une simplification et la scansion d'ombres arbitraires, celles, enchaînées, de diverses heures du jour. Le temps et suspendu, comme chez Balthus* ou Hodler*. En outre, il est ethnologue, s'attachant aux cabarets, aux pharmacies, aux mairies de la Bretagne bretonnante du début du siècle. En fait, le même sujet est saisi en multiples toiles qui, rapprochées, forment un vision à 360º. Les figures sont frustes, rustiques, "accessoires" selon son propre mot, l'équivalent des figures en bobines ou en parapluie dont Utrillo peuple Montmartre. Il faut regarder l'oeuvre de l'oeil de l'épervier pour oublier cet aspect rustique, fruste, campagnard et retrouver l'harmonie du tout avec ses taches de garance, de céladon, d'opalin. À signaler, La Repriseuse de bas, (1920), proche des nabis*, et le chef-d'oeuvre final, La Chambre blanche, (1924), en camaïeu, dans l'attente de la figure (heureusement) absente. On estime l'oeuvre à 3 250 numéros.

Expositions : 1904, Salon des Indépendants, Paris; 1914, Moos, Genève; 1917, Eugène Blot, Paris, (P).

R├ętrospective : 1962, Salon d'Autone, Paris; 1993, musée Jenisch, Vevey; 1994, musée du Faouët; 2001, Fondation Gianadda, Martigny.

Bibliographie(s) : Bernard Wyder, catalogue raisonné, Bibliothèque des Arts, Lausanne, 1999.