Fiche de présentation

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CAMPIGLI, Massimo ( Max Hielenfeld, dit )

né le 4 juillet 1895 à à Berlin, Allemagne ; enfant naturel, il est immédiatement confié à sa grand-mère à Setignano, Florence ; 1909, sa famille vient à Milan ; 1914, secrétaire du Corriere della Serra et adopte son pseudonyme ; 1915, s'engage dans l'armée italienne ; 1916-1918, prisonnier de guerre en Autriche ; 1917, s'évade et gagne Moscou, puis Londres et Milan ; 1918, naturalisé italien ; 1919-1939, envoyé à Paris comme journaliste, vit à Montparnasse* et commence à peindre ; 1939, rejoint Milan ; 1926, épouse Magdalena Radulescu, peintre ; 1927, se consacre exclusivement à la peinture ; 1937, épouse en secondes noces Giulitta Scalini, sculpteur ; 1940-1945, vit à Venise ;1949, vit à Rome, Milan, Paris et Saint-Tropez ; 1971, meurt le 31 mai à Saint-Tropez.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien - Plasticienne - Sculpteur - Sculptrice

Présentation : Lors de ses débuts parisiens, il est influencé par le cubisme* et le purisme*. Puis il fait quelques rencontres déterminantes, celles de Égyptiens au Louvre en 1919, des Étrusques à Rome en 1928, et de la femme corsetée à faux-cul de Seurat sur laquelle les seins sont dessinés en coupelles et les formes composées de touches juxtaposées parallèlement. De cet ensemble d'impressions durables il tire un style propre.
Ses femmes, domestiques ou agricultrices, hiératiques, droites comme des urnes, enflées comme des canopes, de profil comme leurs modèles, juxtaposées en théories à la parade, dans une rigidité sculpturale de traits simplifiés, entourées d'attributs de l'Antiquité, médaillons, lampes à huile, amphores, pierres gravées, sont campées ton sur ton, et comme il s'agit d'ocre un peu grumeleux, on croit voir sur le chevalet un morceau de fresque, Buste au vase bleu, (1928, MART).Il situe ses figures dans des alvéoles pareilles à celles des catacombes, Portrait de femme, (1934, GNT), ou Théâtre, (1943). L'influence du quatrocento est là, sa rigidité et sa matité Les Bâtisseurs, (1928, MART). Il supprime la perspective et Les Femmes de marin, (1925, GAMR) en portent encore la trace par la position sur différents plans. Mais l'aplatissement de la toile en une seule dimension est prêt, même si la femme est comme en lévitation dans un univers aux quelques lignes fuyantes, Le Village, (1958) ou Perspective, (1961). Le Groupe de jeunes filles (1932, MNAM), Jeunes filles au diabolo, (1956)  ou Les Pleureuses (1966) font exception dans cette règle du plan unique. Les Quatre Femmes au réveil des oiseaux; (ca 1930, MAMVP) sont coiffées à l'égyptienne; les mosaïques reprennent des motifs romains (ca 1950) ; les portraits, de 1941 à 1964, sont à la manière de ceux du Fayoum, frontalité, couleur dominante et tassée, mais l'atmosphère générale reste celle du monde étrusque. En 1960, il se dirige vers l'abstraction* de femmes, ne les signifiant plus que par des traits réduits, une sorte de double sablier, dont s'écouleraient les grains de sa palette, ou de Colonne sans fin à la Brancusi*.

Expositions : 1921, Salon d'Automne, Paris ; 1923, Braglia, Rome, (P) ; 1928, 1948, Biennale de Venise, (P) ; 1929, Jeanne Bucher, Paris, (P) ; 1949, Gal. de France, Paris, (P).

R├ętrospective : 1946, Stedelijk Museum, Amsterdam ; 1971, La Trovolozza, Palerme.

Lieux publics : 1928, Université de Padoue ; 1937, Les Constructeurs, fresque pour la Société des Nations, Genève ; 1938, Tu ne tueras pas, Palais de justice, Milan.

Citation(s) : On a dit :
- Campigli est aux femmes ce que Morandi est aux bouteilles.   (anonyme).