Fiche de présentation

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BRAYER, Yves

né le 18 novembre 1907 à Versailles, Yvelines, France ; grandit à Bourges ; 1930, grand prix de Rome ; 1931-1934, pensionnaire de la villa Médicis, Rome ; 1935, enseigne à l'académie de la Grande Chaumière* ; 1954, grand prix de la ville de Paris ; 1957, élu membre de l'Académie des beaux-arts ; 1977, conservateur du musée Marmottan ; 1990, meurt le 29 mai à Paris ; enterré aux Baux-de-Provence.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Décorateur - Peintre

Présentation : Paysagiste méditerranéen, qu'il s'agisse de la Provence, de l'Espagne, de l'Italie ou du Maroc, le soleil lui permet de rendre son oeuvre heureuse. Encore que les teintes plus basses, de Prague ou de Russie, ne l'empêchent nullement de conserver l'excellence dans la disposition et le dialogue des couleurs. Là où il opposait les noirs et les ocres à des taches rouges judicieusement placées, il fait se répondre des bulbes d'or ou des dômes de cuivre. Au surplus, ses toiles sont plus lumineuses qu'il n'est peintre de la lumière; sa palette reflète les clartés plus que les jeux de l'ombre. Coloriste mais aussi graphiste.
Au milieu des années 30, il abandonne une tendance qui l'avait porté, lavis noirs et gouache aidant, vers l'expressionnisme. Il maîtrise alors son dessin et l'organisation spatiale. Il est clair, aux deux sens du mot, et simple.La Taverne à Tolède, (1937). Ses paysages, sol, ciel, bâtiments, bien séparés, ses figures assises très droites et ses natures mortes ont une grande lisibilité, et une totale sérénité. De 1928 à 1937, il croque des scènes du monde, une arrivée d'ambassadeur, une messe basse, un enterrement à Venise, avec la vivacité d'un Steinlen, Brocanteurs au Campo dei Fiori, (1933, MNAM).
Dès 1926, il est, simultanément, " le portraitiste de Paris ", avec un sérieux expressif, retenant déjà, dans les rues de la capitale, les silhouettes de chevaux ou de soutanes. Il ne succombe pas à la vanité mondaine et il a le secret de l'ellipse. Il commet néanmoins, le très pondéreux Portrait de Benito Mussolini, (1931). Ses scènes de la vie parisienne des années 1937 et 1938, que ce soit l'enterrement de Charcot ou le couple royal britannique sur le grand escalier de l'Opéra, marient dans une rapidité de trait le gris du décor avec le rouge et le bleu des drapeaux ou des robes, comme Les Séminaristes à Rome, (1932, MAMVP) ou Les Séminaristes éthiopiens, (1934), pour lesquels il marie le marron de la peau, le noir de la soutane et le rouge de la calotte intérieure du chapeau rond. Le Portrait de Serge Lifar, (1942) a la force d'un bon Derain*. Les Arlésiennes, (1952, MAMVP), Herminia, (1955), L'Espagnole à la mantille blanche, (1969, fond. Brayer, Les Baux-de-Provence) et L'Espagnole à la robe rouge, (1971, ibid.) sont loin d'être futiles, même s'ils ne dévoilent aucun mystère. Il observe des coulisses la grandeur de l'histoire qui s'écrit et la familiarité de la vie qui se passe.
Il est cependant à l'origine d'une équivoque. Peintre de qualité, il met en place, avec Avila Circa, (1948,) , son style " olivier ", qu'il répète sans cesse au point de s'y trouver identifié. Ce sont ces paysages méditerranéens, aux traits nerveux, tordus d'oliviers, ou d'arêtes de montagnes, et peuplés de chevaux camarguais aux belles crinières. Malgré des moyens sobres limités à quelques silhouettes rapidement brossées, soulignées de quelques détails parlant, Les Oliviers de Provence, (1952, ibid.), cette inflation du même sujet devient un stéréotype et occulte partiellement le reste et le meilleur de son travail, La plage de Cabasson, (1971).

Expositions : 1927, Salon d'Automne, Paris ; 1934, Charpentier, Paris ; 1990, Robin-Leadouze, Paris, (P) ; 2014, Gal. 26, Avant Rome, Paris, (P)

Rétrospective : 1957, Musée de Cagnes-sur-Mer ; 1961, Musée Rath, Genève ; 1993, Musée Marmottan, Paris.

Musées : Fondation Brayer, Maison du Grand Fauconner, Cordes ; Hôtel des Porcelets, Les Baux-de-Provence ; Musée Carnavalet, Paris, 44 oeuvres.

Lieux publics : La Cappelette, Cordes, Saint Jacques battant les Maures  et  Le Pèlerinage vers Saint-Jacques ; Chapelle des Pénitents, Les Baux-de-Provence, Le Donateurs, (le peintre et le maire).

Bibliographie(s) : Hermione, Olivier et Corine Brayer, Catalogue raissonné de l'oeuvre  peint, deux tomes, Bibliothèque des Arts, Paris, 2008.