Fiche de présentation

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MILSHTEIN, Zwy

né le 25 juin 1934 à Kichinev Bessarabie ; 1940-1945, vit en URSS ; 1945-1946, sa famille s'établit en Roumanie ; 1947, fréquente chez un sculpteur à Chypre ; 1947-1956, vit en Israël ; Beaux-arts de Tel-Aviv ; 1956, s'établit à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Graveur - Peintre - Sculpteur

Présentation : Un expressionnisme* ashkenaze, halluciné, déstabilisé, abattu. Ses compositions, où dominent moins la figure que les visages, disposés de face, çà et là, autour d'une tour d'église, au pied d'un guéridon, partout, comme des masques interrogateurs, sont agités de distorsions et d'angoisse. Les formes sont approximatives, aplaties, déformées, grimaçantes. La palette est obscure, relevée de couleurs se fondant dans la grisaille, maculées d'une pluie d'huiles noires.
Son Autoportrait, (1950) est une illustration de cette période. Il peint parfois de très grands formats, jusqu'à 7 m de long, qui lui permettent des groupes, puis des évocations de la Shoah ; un tournant s'amorce puisque cette dernières voit affleurer des visages auxquels des traits minces et parcimonieux donnent un choix d'expressions.
Dans les années 1990, il éclaircit la palette, peint aussi bien des évocations de grands classiques ou Jessica en blanc, (1992) où l'on sent l'influence d'un Chagall* devenu pondéreux ; d'autant que le bestiaire est présent, un flottement des choses et des gens, le goût des femmes muées en farfadet.
Avec le nouveau millénaire, il adopte une technique diamétralement opposée à celle qu'il pratique jusqu'alors. Il commence par éclabousser sa toile ou ses grands papiers, posés au sol et crée un chaos ; il redresse le support après avoir tâtonné pour trouver le bon sens, et contemple longuement ses taches pour savoir qu'en faire ; il s'attaque alors à l'œuvre proprement dite, y crée des figures humaines et animales, retouche au pinceau, au chiffon, au tube, à la main ou au pied ; ses "repentirs" durent jusqu'à aboutir à une œuvre dont des couleurs surnagent dans un univers maculé auquel il ne craint pas d'en remettre.
Il grave dans le même esprit.
Il est aussi sculpteur et auteur d'objets, des flacons dans lesquels il enferme des films noirs baignant dans de la paraffine liquide, qui rendent compte des distorsions de sa peinture.

Expositions : 1950, musée de Tel-Aviv (G) ; 1952, Avni, Tel-Aviv (P) ; 1956, Cimaise, Paris (G) ; 1958, Saint-Placide, Paris (P) ; 1997, Filles du Calvaire, Paris (P) ; 2007, orangerie du Sénat, Paris, (P).