Fiche de présentation

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BOUTET DE MONVEL, Bernard

n le 9 août 1881 à Paris, France, fils de l'illustrateur et peintre Maurice Boutet de Monvel ; 1897, atelier du peintre Luc-Olivier Merson ; 1902, service militaire ; 1914, mobilisé comme aviateur ; 1916, officier en Macédoine ; 1917-1919, au Maroc ; 1926,incité par Ralf Barton* à séjourner annuellement aux États-Unis ; 1947, meurt aux Açores, en octobre, dans le même accident d'avion que Marcel Cerdan.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Graveur - Peintre - Sculpteur

Présentation : Il commence réellement sa carrière de peintre moderne en 1910. Auparavant, il se consacre d'abord de 1899 et jusqu'en 1911, à l'eau-forte en couleur qui suppose la technique délicate du repérage : portraits, paysages, mais aussi des figures isolées, comme des gravures de mode, de différentes années romantiques ou L'Eté,Charles Lebaigue, grand-père de l'artiste, (1900), ou L'Eclusière, (1900), tout droit issue de la ériode des Mangeurs de pommes de terre de Van Gogh. Le Colonel Dimitri d'Osnobichine, (1913) est encore dans cet esprit. Le pensionnat de Nemours, (1909, MBB et Musée de Pau), L'Hiver, (1912), portrait centré de sa grand'mère, ou La Victoria, (1907) et Le Dernier carosse, (1915, ORS), repris en 1920, enterrement à Saint-Sulpice, tous deux d'une précision photographique à contre-jour, le départit des obscurités du XIXe siècle, d'autant qu'il découvre le neo-impresionnisme avec un très léger divisionnisme de la touche, Versailles, (1904) et Melle Rita del Erido, (1907, Musée d'Indianapolis). En 1902, requis d'exécuter deux portraits, il prend des photographies de ses sujets, les met au carreau et les transfère sur la toile. Procédé qu'il continue à employer. Commande qui oriente sa carrière. Ces portraits sont isssus de ceux qui les précèdent immédiatement. Ils sont d'un expressionnisme*, coloré cette fois. Puis intervient le portrait du Comte Edgard de Barnal, (1910), véritable entrée dans la modernité. La raideur du personnage s'allie à la droiture des lignes, la mise en scène emblématique de la Nouvelle Objectivité* est remplacée par une mise en situation, en l'occurrence une place de la Concorde, repoussée comme un décor. Le comte Pierre de Quinsonas, (1913, MBB), suit les mêmes règles sur fond de champ de polo. Il géométrise en insistant sur les linéarités des plis, des phalanges, ou des angles des architectures. Il allie la précision du dessin, au lissé de la matière de couleurs pures. Il annonce l'art décoratif*, avec ce qu'il doit à la géométrisation cubiste*. C'est pour lui une anticipation de son style, qui gomme toute inutilité et toute appartenance aux avant-gardes. Il supprime souvent le décor et peint ses personnages sur fond nu, voire vide, André Dunoyer de Segonzac et Jean-Louis Boussingault, (1914, Musée du petit Palais, Paris). Eclate la guerre qui se termine par un séjour marocain. Il recommence à peindre d'une manière précise mais rude, travaillant souvent par pendants, du même sujet, vu au soleil et à l'ombre, Femmes sur Terrasse, (1918, Musée du Petit Palais, Paris), Cactus, (1918), Fès, (1918, Musée d'Indianapolis). Il transforme ses photographies en héritage du cubisme synthétique*, traits et couleurs. Ses personnages sont présentés en situation, S.A.R. le prince Sixte de Bourbon Parme, (1921) ou Monsieur Georges Marie Haardt, (1924, Musée des arts d'Afrique et d'Océanie, Paris). Commencent alors les années américaines et le double métier de peintre des sites urbains, L'Usine, (1928, MNAM), Toits vus de Madison Hôtel, (1929, MBAOr), Wall Street, (1930, Md'O et Musée de Tours), avec des échappées vertigineuses en contre-plongée, d'un précisionnisme à la Sheeler* ou à la Demuth* qu'il n'a pas connus, et d'autre part, de portraitiste de tout ce que New York compte comme aristocratie de l'argent, les Vanderbilt et autres Rockfeller ou, parfois, du titre. Le décor est systématiquement nu, le chromatisme choisi par contraste avec les vêtements. Le Maharadja d'Indore en costume européen, (1930, MBB) et Le Maharadja d'Indore en costume traditionnel, (1934, MBB), symphonies de noir et de blanc. Il excelle à rendre par la raideur, la morgue de ces sujets qui l'ont choisi et la sienne propre, Autoportrait, (1932) sur fond de Place Vendôme. Il peint des pots de fleurs dans le dépouillement japonisant, Orchidée, (1936). Il reprend également des dessins de mode, dans la suite de ceux qu'il a peints naguère, mais cette fois, on n'est plus en période transitoire mais en plein Art déco*, Projet pour le court de tennis, (1929), et Deux modèles sur une passerelle, (1929) pour Harper's. Fidèle jusqu'à la fin à ses portraits en situation, Monsieur le duc de Brissac, (1946) et M. Hubert Menier, (1939) en tenue de chasse. Son dernier portrait est à fond nu, Mrs Millicent H. Rogers, (1946). Il est aussi sculpteur de bas-reliefs en plâtre, Cactus, (1919), ou d'une dizaine de médaillons de sa parenté et dès 1935, il moule de ces derniers dans le goût de David d'Angers, Autoportrait, (1937).

Expositions : 1902, Société nationale ds Beaux-arts, Paris ; 1908, Devambez, Paris.

R├ętrospective : 1926, Anderson, New York ; 1993, Verneuil Saints-Pères, Paris ; 2001, Fondation Mona Bismarck, Paris.