Fiche de présentation

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KIRCHNER, Ernst-Ludwig

né le 6 mai 1880 à Aschaffenburg, Basse-Franconie, Allemagne ; 1898, première gravure sur bois ; 1901-1905, architecture à l'école technique supérieure de Dresde ; 1903-1904, école d'art de Munich ; 1904, découvre les arts d'Afrique et d'Océanie au musée ethnologique de Dresde ; 1905, organise Die Brücke*; 1914, est réformé ; 1917, s'installe en Suisse, à Davos ; 1931, membre de l'Académie des arts plastiques de Berlin ; 1933, en est révoqué par les nazis qui saisissent 639 de ses oeuvres ; 1937, 32 de celles-ci figurent à l'exposition de l'Art dégénéré* à Munich ; 1938, commence à détruire les planches de ses xylogravures et se suicide à Frauenkirch, près de Davos, le 15 juin.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Il antidate des toiles comme pour gommer des dettes peut-être à l'égard des fauves*. Mais dès 1905, influencé par Van Gogh, La Carrière d'argile, (1906,Th-B), il use de la touche expressionniste* et de la palette flamboyante. Munch* le marque et son trait lâche. Matisse* aussi, Danseuses de Csardas, (1907, HGM), Jeune Fille à l'ombrelle japonaise, (1909, KNWf), ou encore Femme à la hutte, (1911, MLK). Il introduit la sauvagerie des arts primitifs dans ses toiles, Le Théâtre japonais, (1909, MAGS). Ses figures sont inspirées des masques triangulaires aux yeux creusés de noir, et ses compositions sont secouées d'un vitalisme nietzschéen, Marzella,(1909, MMS), ou Nus jouant sous les arbres, (1910, SGLM) ; c'est l'aboutissement de la période de Die Brücke à Dresde. Avec le déménagement pour Berlin à la fin de 1911, son style se modifie et sa thématique. Il recourt à la plongée ou à la contre-plongée, faisant éclater en diagonales la perspective aplatie en deux dimensins, à partir de son point central, Avenue des Châtaigniers, (1911, WLKM) ; Belle-Allianceplatz, (1912-1913, NNG) ; Buveur, autoportrait, (1914, GNMN) ; La Tour rouge de Halle, (1915, FME). Dans Atelier, (1919, NNG), tous les plans sont confondus et indiqués seulement par un jeu de rayures rouges, jaunes et vertes, comme La Danse, (1912, MMKF), daté par l'auteur 07. Son graphisme angulaire, inspiré des arts primitifs, lui fait traiter ses sujets en palmes, en branches de sapin, Deux Midinettes, (1911, LACMA), Groupe d'artistes, (1912, KOH), La Toilette, (1912, MNAM), Quatre Femmes dans la rue, (1913, LMK). Il lit le visage de ses personnages au travers des lunettes de l'art nègre, comme Otto Mueller* les lit avec celles des fresques égyptiennes ; ils sont symétriques, anguleux et les yeux sont lourdement fardés comme chez Van Dongen* ou Jawlensky*. Une vibration plus qu'un mouvement, le rythme de la composition, le graphisme géométrisé peut y faire voir une parenté avec le cubo-futurisme* et la perspective fuyante du refuge de montagne, Cuisine alpine, (1918, Th-B) en fait le précurseur le plus évident des Nouveaux fauves*. Quant à ses couleurs, il associe celles qui voisinent dans le spectre ; il en use avec économie, retenant une tonalité dominante pour chaque toile; il affectionne le violet, le rose, le bleu et le vert, Patineurs, (1923, HLD), Accordéoniste au clair de lune, (1924, SGF), Une réunion d'artistes, (1925, LMK), Forêt en hiver-Davos, (1925-1926, LMK). Il les étale en à-plats juxtaposés, Porte de Brandebourg, (1929, NNG), Le Couple devant le peuple, (1924, KH), tout en rose, jaune et orange, et Personnages marchant,, en sobres jaune et vert. Danse de mort, (1926), six figures dans un voile au graphisme simplifié. Paire d'acrobates, (1933, musée de Davos) n'est plus avec les doubles ombres en arrière plan, que courbes frôlant l'abstraction*.
En 1910, il commence à sculpter en taille directe du bois qu'il peint, s'inspirant de l'art de Palau (Micronésie allemande). Il use du méplat et évite les saillies. Nombre de ces oeuvres sont détruites par les nazis. Il est aussi xylographe et sculpteur de meubles.

Expositions : 1923, Kunsthalle, Bâle ; 1993, Musée d'Art moderne de la ville, Paris ; 2012, Danser sa vie, Centre Pompidou, Paris, (G).

Musées : Städtische Gal., Francfort, 9 oeuvres ; Staatsgalerie Moderne Kunst, Munich, 7 oeuvres; Die Brücke, Berlin, la totalité des estampes ; Musée Kirchner, Davos.