Fiche de présentation

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ARICKX, Lydie

née le 10 janvier 1954 à Villecresnes, Val-de-Marne, France ; 1974-1976, École supérieure d'arts graphiques, Paris ; 1978-1991, vit à Paris ; 1991, s'installe dans les Landes.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Expressionniste* torturée à la Schiele*, elle campe ses nus dans un équilibre impossible mais réalise ainsi des tours de force graphiques : elle se joue des plongées, comme des raccourcis. Son corps humain est réduit à l'état de la pièce de bœuf de Soutine*, il est ficelé comme un poulet préparé pour la vente, étalé comme carcasse prête à l'équarrissage. Aux marrons, blancs et noirs sur toile écrue, se mêle une tache de sang pourpre ou vineuse pour sceller la tragédie. Les moignons, les crucifixions, les positions en trapèze, les ventres gonflés, les sexes arraché font de cette peinture un constat d'époque. Disparue, croyait-on. " La chair est triste, hélas ", au naturel comme sous la torture. Il y a aussi les détails de poitrines de vieilles prostituées et des portraits sans concession. Toutes ses œuvres sont réalisées sur papier marouflé, -accidentellement, sur papier émeri-. au bâton d'huile, souvent de grand format ; lorsqu'elle laisse largement apparaître le support et n'use que du vermillon et du violet en plus du noir et du blanc, son travail devient plus graphique. À la fin des années 1990, la mort se fait plus prégnante encore et les grandes formes, venues de traits tourmentés qui se rejoignent, semblent, bras étendus, des oiseaux cloués aux portes des granges, tandis que tel visage d'agonisant, au trait déchiqueté, nu sur sa toile incomplète, pousse un dernier râle. La nouveauté de 1998, ce sont des marines, peintes, elles, de bord à bord, dans différents états de la mer. Bouillonnante ou calme, par tempête ou par jour couvert. Elles ne le cèdent en rien à celles de Courbet. Elle reprend l'étude du corps, moins torturé que décati, c'est Job cette fois, Le Corps de l'autre, (2005), et la palette ne compte plus que le noir, le blanc et le bistre. Au milieu des années 1990, elle commence à sculpter en revêtant des armatures de ciment brut. Ses figures sont à l'avenant de sa peinture; d'autres sont zoomorphes comme celles de Richier*. Au début du XXIe siècle, elles s'apaisent, ce sont des têtes réduites, fichées au sommet d'une pique gardant un indéfinissable sourire, ou enserrées dans des ossements animaux; leur sérénité relative est soulignée par le rejet en arrière de la nuque qui les fait regarder vers un au delà. Exploitant le support privilégié de Pascale Delarge*, la radiographie, elle y fixe de peintures sur tarlatane et suspend à des fils à linge, (2006). De très grands formats, 5 m. de long, et d'autres plus modestes, développent le thème des suppliants, torses et visages tournés vers le haut, sont enfermés dans quelque purgatoire; au vieux rose usuel, se joint du jaune paille. Elle dissout aussi sa représentation corporelle dans une toile qui frise l'abstraction*, ou procède à des œuvres en reliefs, mêlant aux pigments la laine de ses moutons et du plâtre, Tauros,(2008). Des corps accouplés gris et Parme, ne sont plus que monts et vaux, Fardeau, (2011).
Sculptrice d'une Déposition, le corps de Jésus est maintenu par des draps dont on ne sait s'ils couvrent des disciples ou s'ils s'érigent par miracle. Une autre crucifixion, Le Grand Bain, (2014).

Expositions : 1979, Salon de Montrouge ; 1982, 1988, Jean Briance, Paris, (P), et L'Escapade, Genève, (P) ; 2003, 2012, Polad-Hardouin, Paris, (P) ; 2015, La Piscine, Roubaix, (P).


Oeuvres


Corps et bien - huile sur toile émeri - 140 x 120 cm - 2008
Corps et bien - huile sur toile émeri - 140 x 120 cm - 2008