Fiche de présentation

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SCHÖFFER, Nicolas

né le 6 septembre 1912 à Kalocsa, Hongrie ; Beaux-Arts, Budapest ; 1936, s'installe à Paris ; 1937-1939, Beaux-Arts, Paris ; naturalisé français ; 1950, relègue tout l'oeuvre peint ; 1968, grand prix de la Biennale de Venise ; élu membre de l'Académie des Beaux-Arts ; 1969-1971, enseigne aux Beaux-arts de Paris ; 1992, meurt le 8 janvier à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Le sculpteur est le plus connu, mais avant les années 1950, il est peintre. S'il s'agissait de bandes dessinées*, on dirait qu'il pratique la ligne claire. La série dite bleue des têtes de turc élone les visages ramenés à un nez qui renvoie très loin, les yeux et la bouche; ligne ferme et frottement d'un bleu léger. Durant la même période, il peint de manière plus nourrie, des natures mortes sur des tablettes relevées, chaque sujet d'un chromatisme étouffé étant bordé. Il donne aussi des toiles abstraites d'entrelacs comme décidés par un compas, avec ses croisements, ses courbes, ses intersections de couleurs fanées, se situant en petits formats, dans la succession de Magnelli*.
Ensuite, vient le sculpteur, requis par l'abstraction* géométrique dans sa filiation avec le constructivisme* et l'art optique*.En 1949, il crée le Spatiodynamisme, et il use de matériaux insolites comme le plexiglas ou le métal. Les machines, il ne les reproduit pas, mais les évoque par des inclusions-collages de petites pièces peintes dans les tons primaires et reliées entre elles par un trait de légèreté. Plus simplement, il crée les totems d XXe siècle, en fines barres d'acier verticales, interrompues par de courtes horizontales dotées de cercles mouvants comme une robe de Paco Rabanne, laissant passer l'air et donc le mouvement, Chromo 8, (1967, MNAM). Il est aussi architecte-sculpteur. Tour spatiodynamique, cybernétique et sonore, (1954, Salon des Travaux publics, Paris). CYSP1, (1956) ou MInisculpture, (1969). 
C'est le début de l'art cybernétique puisque ses oeuvres fonctionnent en fonction d'informations venues de l'environnement, le mouvement et la lumière, gérés par ordinateurs. Sculpture cybernétique (1956), 50 m de haut, se déplaçant de manière autonome; En 1957, il crée le Chronodynamisme, par le jeu de lumières colorées grâce à des écrans et c'est la Tour spatiodynamique et cybernétique, (1962, Liège), de 52 m de haut, émettant des rayons de lumière sur la Meuse.
En revanche, son projet le plus gigantesque, conçu en 1963, c'est la Tour-Lumière cybernétique de la Défense à Paris, qui devait s'élever à 37 m mais qui ne verra pas le jour ; elle devait supporter des miroirs pivotant renvoyant des rayons lumineux. Variations luminodynamiques, (1961) est le premier usage d'une oeuvre de video* pour la télévision. Lumino, (1968) et Varetra, (1975), boîtes à écrans sérigraphiés éclairées par des lampes à variateurs, commercialisées pour être à la fois artistiques et sédatives.
Ses machines se situent à l'opposé de celles de Tinguely*; selon la classification de Seuphor*, ce dernier représente le cri et Schöffer, le style. 

Expositions : 1937, Salon d'Automne, Paris ; 1959, ICA, Londres, (P) ; 1993, Denise René, Paris, (P).

Rétrospective : 1994, Cenre culturel Noroit, Arras ; 2005, Electra, Paris.

Lieux publics : 1961, 2 000 m2 de façade du palais des Congrès, et tour de 56 m, parc de la Boverie, Liège.

Citation(s) : Il a dit :
- L' artiste doit cesser de pratiquer l'art de l'image pour créer un art du conditionnement.