Fiche de présentation

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PENCK, A. R., ( Ralf Winckler, dit )

né le 5 octobre 1939 à Dresde, Saxe, Allemagne ; 1945, vit le bombardement de Dresde et son incendie qui le marquent ; 1949, commence à peindre ; 1953, 1956, 1958-1959 ; études de peinture à l'université populaire de Dresde, chez Jurgen Bottcher*; 1955-1956, dessinateur publicitaire;  1956, petits métiers ; 1961, passe la soirée du 12 août, veille de la construction du mur, avec Baselitz* à Berlin-Ouest, mais rentre à l'Est ; 1962, s'intéresse à la cybernétique et à la théorie de l'information ; 1968, les écrits du géographe Albrecht Penck, qui vivait au XIXe siècle lui fait choisir son pseudonyme -presque- définitif ; 1970, théorise sur un art simple, à visée didactique, dénommé Standart ; 1973, service militaire ; 1980, demande son expatriation,  en Allemagne de l 'Ouest à Cologne, est déchu de la nationalité est-allemande ; 1983, séjourne à Londres et en Israël ; 1986, séjourne à Carrare ; 1987, s'installe en Irlande ; 1988, enseigne aux Beaux-Arts de Düsseldorf ; 1991, prend un atelier à Berlin ; vit en Irlande.
signature : 1967, Penck; 1973, Mike ou Hammer; 1974, TM, (pour Tancred Mitchell ou Theodor Marx); 1976, Y; 1980, aY, ou Y, a,r. penck.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Il est (re)connu par ses Standart, (1970-1972), le pictogramme sur fond nu, d'un être les bras aux trois doigts , la tête ansées sur la barre du torse se prolongeant entre les jambes pour indiquer le sexe; le titre joue sur l'ambiguïté du mot anglais et de l'allemand, où "stand" signifie attitude. Le noir et blanc est aussi un moyen meilleur marché.Il est cependant l'auteur de bien d'autres oeuvres et d'abord des débuts de sa marque de fabrique, La Chute, (1960, MND), figures en bâtonnets au sexe avantageux, schématisées, se détachant d'un fond clair comme des ombres chinoises. Le Passage, (1963, LMK), avec son homme foulant les flammes pour aller d'un bloc à l'autre, illustre un thème récurrent sous des applications différentes, de la schizophrénie Est-Ouest. Et plus tôt encore Femme la nuit à la fenêtre, (1957), misérabiliste ou 'Homme et femme à table', (1959, Alb.), d'un expressionniste* à la manière de l'école de Paris*; quant à 'Jürgen Schweinebraden', (1962), il indique que, confiné à l'Est, il a vu des reproductions de Picasso*. L 'Homme noir', (1968), est le prototype des 'Standart'. Le noir et blanc, meilleur marché, doùmine jusqu'en 1973. Sous le titrage 'Standart', on trouve des graffitis rangés, un pictogramme géant, une trentaine de pictogrammes, auxquels le rouge s'adjoint, des signalétiques, 'Ordinateurs primitifs', (1968), et mêlés à d'autres, 'Tract', (1974).des mots, accouplés à de la non-figuration disposée en bandes. Il s'inspire de l'art pariétal, dessinant, mains, animaux, silex, (1967-1968). Dans un mouvement d'aller et retour, le pictogramme redevient présent comme une signature jusqu'à la fin des années 1990, Chasseur, (1996). A compter de 1965, il peint en noir sur fond blanc, de bord à bord, des motifs tous réduits à la même échelle, figures, habitats, têtes de morts, emblèmes séparés chacun l'un de l'autre, mais fondus dans un ensemble qui prend valeur décorative, on retrouve comme un écho des toiles de Korhoyo en Côte-d'Ivoire, ou des pagnes Kuba du Zaïre, T.M., (1976, MNAM). Cette année-là, il débute par des svastika anthropomorphes, reprises en 1981. L'utilisation de ces signes proviendrait de la cybernétique pour laquelle il éprouve un grand intérêt et qui l'amène à systématiser son vocabulaire. Ils ne vont pas sans rappeler le travail de Sophie Taeuber*, dans la seconde moitié des années 1910. Pour lui, la représentation est liée à l'instinct et l'instinct à l'expressionnisme germain, l'un des emblèmes du nationalisme. C'est pourquoi il creuse la voie qui lui permet d'être allusif sans être figuratif. Passages métaphysiques, (1975, LMK.), superpose les formes humaines aux signes ; Meeting, (1976, MAMStE) et Derrière Leo Berrybora, (1975, ibid.) aux longues silhouettes noires sans adjonctions; Ninotsckha, (1975, LMK.), emboîte des pièces de puzzle colorées et tachetées. Le signe peut se coule en informalité, le noir superposé à des couleurs vives, Sans titre, (1981, VDHW). Dans Événement dans le métro, (1981, MAMStE), la densité s'efface, la concentration diminue. En 1982, T.T.1, et T.T.2, allient trois T et un pictogramme humain négroïde, dont la tête est faite d'un simple triangle, l'un à dominante claire, l'autre à dominante sombre. Ses liens avec l'art des primitifs connait un sommet avec Quo Vadis Germania ? (1984), 10 x 3 m. sur coton écru, qui rappelle la Frise Malangan, originaire de la Nouvelle Irlande-du-Nord, ayant figuré dans la collection de Vlaminck*. La dualité intervient souvent, et la séparation. Thème instinctif lié à son histoire personnelle.
En 1990, il introduit la couleur vive et primaire en zones indépendantes de ses dessins noirs, Soldato, Sulla via del Conflitto, (1990), il entre en expressionnisme géométrique abstrait*. Il n'abandonne pas pour autant la thématique nègre, notamment dans ses scènes de chasse, mais y ajoute une inspiration égyptienne et grecque, Commencement, (1996). Il peint sur deux ou trois plans superposés ; bicolores, et c'est la profondeur ; noir et blanc, et ce sont des claire-voies travaillées. De bord à bord, avec les couleurs à égalité ou dominant le noir, l'abstraction géométrique s'impose, encore que l'oeil attentif puisse isoler des motifs concrets schématisés une télécommande, des ailes dde moulin ou la ligne serpentine d'un reptile, Entre feu et glace, (2009)
L'art des "primitifs" est sous-jcent comme l'oeuvre d'Alfred Levitt* du début des années 1950. Sa toute première période, à l'Est, a été occupée par du réalisme socialiste*. Depuis 1957, il sculpte; de manière statique, en créant des pièces qui pourraient être des fétiches nègres, ou dynamique, lorsque les formes imprécises se séparent les unes des autres au sein d'un ensemble unique, 'Modèle de stratégie', (1979). Il taille rudement le bois depuis 1977 et adopte une taille importante à compter de 1982.

Expositions : 1958, Concours des apprentis et étudiants des métiers graphiques, Dresde, (G) ; 1961, Jeunes artistes. Peinture, (venus de l'académie de RDA), Berlin  ; 1968, Hake, Cologne, (P) ; 1971, Musée Haus Lange, Krefeld, (P) ; 1972, Wide White Space, Anvers, (P) ; 1972, 1992, Documenta Cassel ; 1982, 1986, Gillespie-Laage-Salomon, Paris, (P) ; 1983, Biennale de Sao Paulo ; 1984,  de Venise; 1985, Musée d'Art et d'Industrie, Saint-Etienne, (P) ; 1996, 2011, Jérôme de Noirmont, Paris (P).

R├ętrospective : 1975, Kunsthalle, Berne; 1988, National galerie, Berlin et Kunsthaus de Zurich; 2008, Musée d'Art moderne de la Ville, Paris.

Lieux publics : 1993, Delphi Heliotroph, Deutsches Bank, Luxembourg, (sculpture)