Fiche de présentation

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NEWMAN, Barnett

né le 29 janvier 1905 à New York, États-Unis d'Amérique de parents juifs originaires de Pologne russe ; 1922-1930, Art Students League, et City College, New York ; 929, travaille dans l'atelier de confection de son père qui subit les effets de la grande dépression ; enseigne le dessin dans différentes écoles ; 1943, codéfinit les buts du Color Field*; 1970, meurt le 4 juillet à New York d'une crise cardiaque.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Ses premières toiles, des années 1930 et jusqu'en 1944, sont détruites, car il veut, à l'instar de Descartes, faire table rase du passé et croit que "la seule façon de peindre, c'est de cesser de peindre". Il n'en conserve qu'une, The Son of Orpheus, (1944, Met). Ce sentiment est partagé par ceux qui vont former la première génération de l'école de New York*. Ses oeuvres de 1944-1945 font songer à Gorky*, et, au-delà, à Masson*. D'autre évoque simplement l'explosion atomique, Paga Void, (1946, NGW). En 1946, il découvre son style et la nécessité qu'il partage avec Rothko*, de produire grand, voire énorme; certaine toile dépasse les 6 m de long. Il scelle désormais son oeuvre, à quelques exceptions près, de la verticalité, Sans titre, (1946, MNAM). Ce sont des pieux enfoncés dans le sol, des espaces déchirés de haut en bas par des "zips" (fermetures éclairs), minces bandes qui cloisonnent le fond de la toile ; l'homme, animal dressé, se trouve provoqué dans son appel vers le haut; c'est une peinture tendue, hautainement dépouillée, Abraham, (1949, MoMA). Cette verticalité sépare des plages de couleurs jaspées, veinées, dégradées, dont la longueur étudiée répond à des nombres bibliques. À compter de 1949, il ne pratique plus guère que des fonds uniformes, refusant l'anecdote au second degré, c'est-à-dire le jeu du pinceau, de la pâte, de la couleur considérés comme artifices futiles. Une singularité, The Wild, (1950, MoMA), une simple baguette couverte d'un zip bavant sur le noir. Il s'octroie cependant des exceptions, The Station, (1963, MET), où le zip placé à droite sépare des taches disposées en branches de sapin. Son découpage se fait selon une mathématique intuitive, sans doute, mais rigoureuse, qui provoque des illusions d'optique, Vir héroïcus sublimis, (1950-1951, MoMA). Son thème central, objet de multiples variations, insuffle une sensation de solidité, de force et de dépassement, en outrepassant le champ de vision du spectateur  en l'enveloppant dans la couleur de l'Infini, Shining Forth George,Jericho, (1961, MMS). Il pratique aussi le shaped canvas*, (1968-1969, MNAM), insérant ses zips dans une toile en forme de triangle, Shimmer Bright, (1968, MET. The Stations of the Cross, Lama Sabacthani, (1958-1966, NGW) est une impressionnante suite de quatorze panneaux noir, blanc et beige, dont le seul graphisme est le zip ; un quinzième, coloré, signifie sans aucun doute, la résurrection. En 1968, un sénateur s'opposant à une répression policière est traité de "youpin" par le maire de Chicago, Dailey. De cet incident, naît Lace Curtain for Mayor Dailey,Here I, (1968), où les zips sont remplacés par un rideau de fils de fer barbelés. Le sculpteur, peu fécond, dresse des stèles d'acier poli, (1950), Here II, (1965) et Here III, (1966). L'oeuvre peint ne comporte que 120 numéros.

Expositions : 1950, Betty Parsons, New York, (P).

R├ętrospective : 1971-1972, Museum of Modern Art, New York ; Stedelijk Museum, Amsterdam ; Tate, Londres ; Grand Palais, Paris ; 1997, Kunstsammlung, Düsseldorf ; 2002, Tate Modern, Londres.