Fiche de présentation

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MODIGLIANI, Amedeo

né le 12 juillet 1884 à Livourne, Toscane, Italie ; 1895, contracte une pleurésie ; 1898, école de peinture et de dessin de Livourne ; fièvre typhoïde et tuberculose ; 1902, Beaux-Arts, Florence ; 1903, Beaux-Arts, Venise ; 1906, arrive à Paris, s'installe à Montmartre* et fréquente l'académie Colarossi ; 1909, habite à la Ruche* et à Montparnasse* ; 1915, abandonne la sculpture, trop fatigante pour sa santé ; 1915,Léopold Zborowski* succède à Paul Guillaume* comme marchand ; 1917, rencontre Jeanne Hébuterne dont naît, en 1918, Jeanne Modigliani* ; 1920, meurt le 24 janvier d'une méningite tuberculeuse ; ses obsèques au Père-Lachaise sont payées par Kisling*. Jeanne Hébuterne se suicide par défenestration d'un cinquième étage, le 26 janvier, alors qu'elle était enceinte de 8 mois ; 1930, ses restes sont transférés aux côtés de Modigliani.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : À 14 ans, comme tous ceux de sa génération, il est marqué par l'impressionnisme - dit, en Italie i Macchiaioli -, Petite Route en Toscane, (1898, Mus. de Livourne). De 1906 à 1909, avec une palette sombre et le trait accusé, Buste de femme, (1908, MNAM) s'inscrit dans l'esthétique de Pont-Aven, tandis que Nu au chapeau, (1907, Mus. d'Haïfa) précède Schiele*. Pierre, le typographe, (1909, Dedham), Jean-Baptiste Alexandre au crucifix, (1909, Rou) sont de touches cézanniennes. Palette étoiuffée, dans la ligne de l'École askhenaze de Paris*, Jean Alxandre, (1909, Fondation Gianadda). Mais Paul Alexandre (1909) et L'Amazone (1909) annoncent le style qui va le caractériser, avec ses premières élongations.
Sculptures :
Tout cela avant que ne s'ouvrent les quatre années de sculpture inspirée de l'art Baoulé, de celui des Cyclades ou de l'Orient des Boudhas , (1909-1913). Tête Ceroni, (1911, MNAM, et Minneapolis Institute of Art et Tate, Londres), cette dernière plus énigmatique que jamais les globe des yeux au plus près du front, le nez interminable et le menton en pointe. Sur un cou en colonne un visage serein et une coiffure inachevée, Tête de femme, (1912).
Il pratique la taille directe de la pierre. La forme retenue est souvent celle de la cariatide. L'œuvre sculptée compte 25 pièces. Il abandonne, la sculpture, pour raisons de santé,  (1913, MoMA)
Retour à la peinture :
Quelques toiles accompagnent ces sculptures, Nu debout, (1911-1912), Cariatide, (1911-1912, KNW), Paul Alexandre devant un vitrage (1913, Rou), ou dernière cariatide, Nu féminin en bute, (1915, MIA), en huile carmin. Jeune femme au pendentif, (1916,MNAM) apparait comme la première d'un style désormais définitif ; visage en amande ,quoique les yeux soient encore porteurs d'iris. Quelques gouaches aussi, ondulantes. Et de très nombreux dessins, dont 400, de 1907 à 1914, sont rassemblés par son mécène, le Dr Paul Alexandre.  Une technique toute neuve, qui reste exceptionnelle, apparaît dans Diego Rivera, (1914, Mus. de São Paulo), celle d'une sorte de tamponnage, de taches, d'inachèvement ; elle apparaît encore dans Pablo Picasso, (1915) et dans quelques autres de la même année, puis dans Chaïm Soutine (1917). Avec le Portrait de Marie Vassilieff, (1915), on trouve le trait matissien*. C'est en 1915 également que naît le Modigliani que tout le monde reconnaît, le fils du Greco, l'héritier du quattrocento siennois, le Botticelli du XXe siècle dont le maniérisme de génie va étirer les cous, affaisser les épaules ; les nez, eux, sont épatés comme ceux des Nègres ; il dessine dans l'ovale des visages, languidement penchés, des yeux smaragdins, en amande, dont l'un souvent déformé, couvert d'une taie, mort en quelque sorte, quand ils ne sont pas tous les deux vides comme dans les bronzes antiques, Portrait de la femme rousse, (1915, GNT). Il explique, "parce que tu regardes le monde avec l'un ; avec l'autre, tu regardes en toi"; les mains, elles, souvent gourdes, sont plantées sur les genoux. Les fonds de ses portraits sont unis, ou géométrisés, les vêtements d'une simplicité austère, rarement relevés d'un fichu coloré, ou d'un collier. La construction est une ellipse verticale qui va jusqu'à structurer toute la toile en un emboîtement ou une superposition d'ovales, Femme à l'éventail (1919, MAMVP, Paris), Le Niçois (1919).
Lorsqu'il aborde les portraits de gens connus, son maniérisme n'étouffe en rien l'émergence des traits essentiels du modèle qui révèlent les traits du visage plus que sa psychologie ; il immortalise ses sujets en les transformant en masques.
Quant à ses nus horizontaux - nombreux entre 1916 et 1919 -, leur pose se situe dans la suite des Mujer desnuda de Goya, ou dans celle de l'Olympia de Manet, avec parfois le contrapposto michélangélesque. La Fillette en bleu (1918), peinte dans un angle de pièce, ne connaît aucune défiguration, tout en affirmant son auteur. L'une de ses dernières œuvres, son seul Autoportrait (1919, Mus. de São Paulo), reprend tous les canons de son art. Il se consacre presque exclusivement à la figure humaine et d'abord féminine, parfois accompagnée du nom et d'un mot.
A la veille de sa mort, ll peint son seul Autoportrait, (1919 ou 1920).
Dans toute son œuvre, on ne dénombre que quatre paysages, vides, morts et silencieux comme ceux que réalise, deux ans plus tard, Carrà*.
Dans les années 1950, de nombreux certificats, non fondés, ont été décernés par Hanka Zborowska ou Lunia Czechowska.

Expositions : Depuis 1933, palais des Beaux-Arts, Bruxelles ; innombrables de par le monde ; jusqu'en 1981, musée de la ville, Paris ; 1990, 2013, Fondation Gianadda, Martigny ; 2003, Musée du Luxembourg, Paris ; 2010, Musée d'art de Rovereto, (P), (sculptures).

R├ętrospective : 1925, Bing, Paris

Citation(s) :
Il a dit :
- Rien ne peut pousser au pied d'un grand arbre" (à Rodin qui lui proposait de travailler avec lui).
On a dit :
- Léopold Zborowski qui n'entreprit qu'au moment de la guerre et par nécessité, le métier de courtier, était un poète polonais venu faire ses études de lettres à la Sorbonne. Grâce au contrat de quinze francs par jour qu'il avait fait à Modigliani qui ne recevait plus d'argent de sa famille (à cause de la guerre), celui-ci put se mettre sérieusement à la peinture et édifier son œuvre. Entre 1916, date de leur accord, et le printemps 1919, il peignit dans une relative sécurité deux cents portraits et nus, soit la presque totalité de son œuvre peint. Malgré la guerre et l'étroitesse du marché de l'art, Zborowski parvint à faire passer sa cote -entre 1916 et 1920- de 50 F à 450 F pour un portrait." (Jean-Paul Crespelle).
- Modigliani, c'est toute l'âme de l'Italie. (Soutine).

Bibliographie(s) : 1907, Salon d'Automne, Paris ; 1917, Berthe Weill, Paris (P) ;1914, Whitechapel Art Gallery, Londres (G) ; 1919, Hill Gall, Londres (P).

Archives : Marc Restellini, Catalogue raisonné, Institut Wildenstein, Paris, 2002 ; Christian Parisot, Graphis arte, Livourne, tome 1,1991, tome 2, 1992 ; Acatos, Lausanne, tome 3, 2004.