Fiche de présentation

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CONSTANT, ( Constant Nieuwenhuys, dit )

né le 21 juillet 1920 à Amsterdam, Pays-Bas ; 1939-1942, Arts décoratifs et Beaux-Arts d'Amsterdam ; 1948, crée en juillet, à son domicile, en compagnie de Corneille* et d'Appel*, l"Experimenteele Groep" qui donnera le jour, en novembre à Cobra*; 1950, s'installe à Paris ; 1953-1970, délaisse quelque peu la peinture au profit de l'architecture avec le projet New Babylon pour un urbanisme unitaire"; 1958-1960, membre de l'Internationale situationniste*; 1970, accorde de nouveau une place importante à la peinture ; 2005, meurt le 1er août à Amsterdam d'un cancer.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Coq hardi, (1944) a toute la complexité et la richesse des Composition de Kandinsky* des années 1910. Portrait de Matié, (1945) est un pastiche de Picasso*. Vue nocturne de la ville, (1946, SMA) montre, dans la palette qui vient, des toits simplifiés et chahutés. Arrive alors le premier Constant. d'Animaux fantastiques (1947, NKA) à l'Animal sorcier, (1949, MNAM), il s'intéresse à la peinture des shizophrènes, -Animal fantastique, (1947) tient de l'art brut¨- comme à cell peuples dits "primitifs" et à celle inspirée par eux, Lam*, par exemple. Il pose sur fond noir des figures d'art brut, L'oeil bleu, (1948, KSil). Après nous la liberté (1949, Tate) rompt avec le bestiaire antillo-africain. La Guerre (1950), comme la série des désastres, Colombe blessée, (1951, BvB) ou Attaque aérienne, (1951, VAbbe), trouvent leur inspiration dans Guernica de Picasso* pour la forme et dans Braque* pour la matière. Lettre à mon fils, Homo Ludens (1964, SS, et SMA) est parmi ses dernières toiles instinctives. Le deuxième Constant est tenté par l'art concret*, Composition avec 158 carrés, (153, HGM) ; en trois dimensions, il crée des sculptures, à la senteur constructiviste*, Construction aux plans transparents, (1954), Plexiglas maintenus par des tiges boulonnées, ou Nébuleuse mécanique, (1958, HGM), deux roues convexes rattachées par un ressort et, surtout, des maquettes de villes utopiques, Secteur jaune (1958, ibid.). Il applique ces idées de l'espace à la peinture à laquelle il réserve une palette métallisée, qu'il ordonne dans un jeu de plans, d'échafaudages et d perspectives, Ode à l'Odéon, (1969, ibid.). En 1975, il retrouve un style baroque à mi-chemin entre Bacon*, La Rencontre entre Ubu et Justine, (1975, SMA) et Rebeyrolle*, Chien écrasé, (1977, ibid.). Sa plus extraordinaire mutation, aux antipodes de ce qui fait son nom, se situe dans la seconde moitié des années 1970, quand il entre dans un univers tout de douceur, parfois fausse, parce que goyesque, La Dernière cène, (1979). Sa palette fine adopte les teintes jaune doré de certains Bonnard*, auxquels il ajoute des améthystes, des parmes, des pourpres. Il a la science de la construction, soit allusive, avec des plans latéraux, comme dans les décors de théâtre d'autrefois, soit avec des perspectives sophistiquées, comme dans Plaisir et tristesse de l'amour, (1976, HGM), premier plan d'étoffes, ouverture sur une alcôve au troisième plan où gisent les amants. Il a la science de la construction, soit allusive avec des plans latéraux comme dans les décors de théâtre d'autrefois, soit avec des perspectives .Puis il se lance dans des sujets politiques pour dénoncer les affres des guerres et organise souvent la toile autour d'un vide, Rwanda, (1994) ou Les Expulsés, (1999). Rompant avec une (certaine) célérité pratiquée durant Cobra, il ne peint que deux ou trois tableaux par an, suivant la lumière du jour; dès lors, en hiver, il compense par l'aquarelle et la gravure. Sa technique part de l'abstrait* - il jette une tache de couleur sur la toile, puis une autre-, et attend de voir ce que cela lui inspire; il développe l'image d'abord imaginée.

Expositions : 1947, Amsterdam;  1950, Breteau, Paris, (G) ; 1959, Stedelijk Museum, Amsterdam, (P) ; 1961, Städitische Kunstgzalerie, Bochum, (P) ; 1996, Biennale de Venise ; 1972, Gervis, Paris (P).

R├ętrospective : 1995, Stedelijk Museum, Amsterdam, et HaagsGemeentemuseum, La Haye ; 2001, Musée Picasso, Antibes.

Citation(s) : Il a dit :
- Une peinture n'est pas une construction de couleurs et de lignes, mais un animal, une nuit, un cri, un homme ou tout cela ensemble.-Notre culture est déja morte. Les façades sont encore debout mais pourraient être soufflées demain par une bombe. (...) Nous avons perdu tout ce qui nous assurait la sécurité et nous sommes laissés privés de toute croyance. Sauf ceci : nous vivons et c'est une partie essentielle de la vie de se manifester. (1948).