Fiche de présentation

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CHABAUD, Auguste

né le 3 octobre 1882 à Nîmes, Gard, France ; 1896, Beaux-Arts d'Avignon ; 1898, Beaux-Arts, Paris ; 1903-1906, service militaire en Tunisie ; 1907-1913, vit à Montmartre*; 1913, participe à l'Armory Show*; 1914-1919, mobilisé aux armées ; 1919, se fixe à Graveson ; 1955, y meurt le 23 mai ; 1997, dispersion d'atelier par Me Anauné, à Toulouse; 2007, 2008, par Besch à Cannes.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Dans une oeuvre aux datations approximatives, Cruche verte, (KMBo), est soit de 1899, soit de 1906 ; si la première date est avérée, l'auteur est indiscutablement un précurseur des fauves*, avec sa peinture pure et arbitraire. À 20 ans, avec La Gare, (1902, MAMT), il réussit une oeuvre d'un modernisme stupéfiant : quelques masses de couleurs sombres, arrangées dans une perspective fuyante, et les yeux rouges des lanternes sur la locomotive, Puis, en 1906, il est fauve sans conteste, proche de Die Brücke* que du fauvisme recoçnnu, La Chanteuse, (1906) au fard outrancier, Le Nu rouge, (1907, MAMStE) ; il anticipe les futuristes* dans la quête du mouvement, Hôtel-Hôtel, (1907-1908, An), avec le jeu des enseignes lumineuses dans une nuit de bordels et il fait du mot le quasi-sujet du tableau (avant que les cubistes* ne songent à l'incorporer, en 1911, après que Dufy l'a employé en 1906, dans les Affiches à trouvailles,. Des réminiscences de symbolisme avec Baigneuse bleue, (1908, Calv.). Il peint aussi des sujets presque abstraits* par leur simplification extrême, à base de traits noirs, Toits de maisons, (1908, KMBo) ou Les Moutons, (1910, KMBo). Il adopte rapidement, pour ne plus la quitter, une palette sourde, de couleurs douces, où le noir joue un rôle primordial de révélateur des verts, des bleus, des ocres, apposés souvent sur carton.
Deux thématiques se partagent son oeuvre selon les lieux qu'il habite. Paris, d'abord, et son atmosphère montmartroise*, lui font peindre des demi-mondaines d'un milieu plus populaire que celui de Van Dongen*, cernes noirs, bijoux clinquants, Yvette à la plume rouge, ou Le Nègre, (1907, musée Chabaud, Graveson). D'autre part, dès 1909 Graveson et ses sujets ruraux, Rue de village, (1909, KMBo), ciel d'orage, étroitesse du passage sans aucune lumière. Mais que ce soit à Paris ou dans le Midi, ses maisons aux fenêtres aveugles comme des orbites creuses, sont les mêmes, Fenêres éclairées, (1907, KMBo), La Maisonn aux cyprès(1908), nocturnes de plei jour,avec ses bacons piqués ds boules jaunes de fleursou Le Mas de Pons, (1908), proche de Mathieu-Verdilhan*. On parle d'une période bleue de 1909 à 1925, inspirée par les ciels de Provence, une Provence expressionniste*, dramatisée, avec des fuites de chemins, des ruelles aux maisons cubiques dans des toiles verticales, mais aussi aux larges paysages s'ouvrant sur des avant-plans. Et puis, c'est une lente descente dans le grisâtre et le détaillé, L'Âne sur un chemin de la montagnette, (1924, KMBo), et l'enlisement dans la répétition. Encore qu'il y ait des retours en arrière, comme La Route blanche, (1924, KMBo), Sénégalais, (1926) et Picador (1925), tous deux un peu frustes, et même Repas dans la salle à manger, (1950), rapidement esquissé. Une toile singulière, Couloir d'hôtel, (1907, KMBo), angoissante, à l'angle d'un corridor et d'une cage d'escalier, pans rouges qui se rencontrent et créent le malaise. Le dessinateur travaille en séquences, Succession d'ascenseurs, (1907, MKBo.), en trois positions différentes, comme s'il suivait le trajet de la cabine, ou avec la série mortuaire, La Maison du mort, et Vers le cimetière, (1909, KMBo), avec la femme endeuillée comme autrefois, portant l même couronne. L'oeuvre créatrice est close ; il se survit. Il est sculpteur accidentel, Crouching Man, (1910), qui a toutes les caractéristiques d'un Chillida*.

Expositions : 1906,,nSaon des Indépendants, Paris , 1907, Salon d'Automne ("La Cage aux fauves"), Paris ; 1908, Le Télégramme, Toulouse (P) ; 1912, Bernheim-Jeune, (P).

Rétrospective : 1936, Petit Palais, Paris ; 1950, Musée Granet, Aix-en-Provence ; 1952, 1965, 1973, Jaubert, Paris ; 1996, Museum voor Hedendaagse Kunst, Gand ; 1998, Dessau ; 1999, Wiesbaden, Emden et Coblence ; 2000, L'Hermitage, Lausanne, Padborn et Maastricht ; 2014, Alexis Pentcheff, Marseille.

Musées : Musée Auguste-Chabaud, Graveson, Bouches-du-Rhône ; Musée de Bochum, Allemagne.