Fiche de présentation

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WOLS, ( Alfred Otto Wolfgang Schulze, dit )

né le 27 mai 1913 à Berlin, Prusse, Allemagne ; 1932, arrive à Paris le 14 juillet ; 1935, séjourne en Espagne, dont il est expulsé ; 1938, photographe du Pavillon de l'Élégance et de la Parure à l'Exposition internationale de Paris ; 1939, sa nationalité lui vaut un internement par les autorités françaises, au camp de Miles;  1940, installation à Cassis;  1942, à Dieulefit, Drôme ; 1945, retour à Paris; 1951, y meurt le 1er septembre de misère, d'alcool et d'ingestion de viande avariée ; 2010, 2011, dispersion d'atelier par Aponem, Château-Thierry, à Drouot Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Photographe, de 1933 à 1939, la misère l'amène à gager ses appareils. En 1949-1951, il reprend épisodiquement la photo. Il laisse 1800 négatifs, portraits, images surréalistes* par l'incongruité de ses sujets, Les Pavés, (1933-1939) ou Les Haricots, (1933-1939), des objets abandonnés qui deviennent, natures-mortes, transfigurés par le plan très rapproché; quelques paysages et vues de Paris, en noir et blanc également et des portraits limités aux visages. Ne disposant plus de camera, il dessine sur des bouts de papier. Ses dessins antérieurs à 1939 sont perdus, dans la tourmente, les uns, de ses pérégrinations espagnoles, les autres, de ses internements. Seuls demeurent quelques oeuvres de 1932, monogrammées WS, dans la mouvance de Kandinsky*, plus complexes néanmoins, et coloriées avec des encres de Chine pâles ainsi que des souvenirs des Miles, datant de 1939 et 1940. Figures, précises, minuscules et rustres, en même temps qu'un dessin fouillé de macropuces. A l'aquarelle, des grumes, aux beiges et violets assourdis, Sans titre, (1944, et 1950, musée de Bergen). Ce n'est qu'à compter de 1945 que, recevant toiles et couleurs, il peut peindre à l'huile. Il burine des lignes, pose des taches, des brouillards informels où se dissout la conscience et se révèle l'inconscient. Ses arabesques échappent à la grâce quelque peu mondaine d'un Mathieu* ou au systématisme d'un Carzou*, deux de ses épigones. Le Bateau ivre, (1945, KZ), ou L'Oiseau, (1949, MCM), ou encore Composition aubergine, (1949, MAGS) et Composition Champigny, (1951, MAGS). Durant les six années où il pratique l'huile, avec instinct mais rusticité, il n'abandonne pas l'aquarelle. C'est là qu'il exprime son vrai talent, avec des délicatesses très cérébrales, structurées comme des synapses. Il s'y livre à l'inventaire de l'infiniment petit. Pullulation, titre d'une de ses oeuvres de Cassis, résume bien sa manière, sa démarche et sa recherche. La série des Villes, (1940-1942) ou celle des Bateaux, (1945-1951) sont d'une grande rigueur classique ; c'est dans un second temps que l'on peut y distinguer, en y regardant de plus près, le fourmillement baroque des détails, lombrics aux sections minutieusement soulignées, calamars dotés d'antennes, bactéries examinées sous microscope, Sans titre, (1950, musée de Bergen), aquarelle. Plus dépouillés, Composition, (1951, MBLy), aquarelle qui ne se laisse par boire par le papier, élévations géométriques, dans les mêmes couleurs qu'en 1944 et plus suggestif avec des couleurs sang sur beiges balayés, une allusion féminine, tête, colonne vertébrale, sexe, Fleur vénéneuse, (1948). L'informalité - il serait l'initiateur du tachisme* - existe assez rarement, la tache hallucinée est le plus souvent affermie de traits structuraux, La dernière gouache, (25 août 1951). Cet explorateur de l'inconnu introduit sous un labeur d'autrefois, l'angoisse et la forme de notre temps.

Expositions : 1945, Drouin, Paris ; 2009, gal. 1900-200, Paris, (P).

R├ętrospective : 1973, Musée national d'art moderne de la ville, Paris.

Citation(s) : Il a dit :
- Un artiste doit voir au-delà de l'évident.
-Les mots sont des caméléons ; la musique a le droit d'être abstraite ; l'expérience que rien n'est explicable mène au rêve.
On a dit :
- Cette oeuvre fait peur; à côté d'un Klee consanguin mais ange, le pauvre diable Wols éprouve la merveilleuse horreur du monde; ce fut par conséquent sa chance unique, car le malheur est illimité. (Jean-Paul Sartre).