Le Delarge, le dictionnaire des arts plastiques, modernes et contemporains

Fiche de présentation

SERVAES, Albert
né le 4 avril 1903 à Gand, Flandre, Belgique ; 1901-1902 fréquente irrégulièrement à l'école du soir de l'académie de Gand ; 1904, s'installe à Laethem-Saint-Martin*; 1916, convainc le directeur de l'académie de Gand de lui décerner un certificat d'études complètes ; forcé par suite de sa collaboration durant la seconde Guerre mondiale de s'exiler, s'établit en Suisse, à Lucerne; 1966, meurt le 19 avril à Lucerne; y est enterré.

Type(s) : Artiste

Présentation : Peintre tellurique, fréquente Laethem*, dès la réunion du premier groupe et au-delà même de l'existence du second. La pâte sombre est son matériau de prédilection; il excelle dans le brun sombre et le noir, à peine rehaussés de quelques couleurs crépusculaires : de 1905 date sa première oeuvre significative Sainte soirée. Il continue à travailler cette manière à l'expressionisme* tragique qui renoue avec le premier Van Gogh, celui des Mangeurs de pommes de terre, Planteurs de pommes de terre, (1909, MRBABx). De temps à autre, il quitte la représentation tragique pour des scènes simples plus que naïves de la vie quotidienne religieuse ; on n'est plus dans les champs, mais dans les villages flandriens propretement chaulés, L'Enterrement du pauvre, (1907) ou Le Mourant, (1910, KMSKA). Le tragique du travail a cédé le pas à la sérénité dans le malheur; la palette est toujours économe, mais en couleurs claires, la simplicité du contour marque l'admiration pour Maurice Denis*. Expressionniste, il le demeure dans les fusains, matériau tragique s'il en est. Ses portrait frontaux, limités au torse, dégagent la force tranquille de personnages se dégageant sur un fond légèrement frotté.
Les Chemin de Croix :
C'est au fusain qu'il traite ses Chemin de croix : le tout premier illustre un livre de Cyriel Verschaeve qui est  "mis l'Index " pour les images... En est issu Le chemin de croix de Luithagen (1919), revendu pour les mêmes motifs doctrinaux à une abbaye cistercienne de Tilburg, Pays-Bas ; les silhouettes de la passion se détachent sur un fond nu, en formes tortures, avec toutes les affres des camps de concentration avant la lettre. Suit Le Chemin de croix d'Orval, Belgique (1936), amolli, efféminé, traitant en gros plans de visages asexués ; ce dernier est le frère jumeau du Chemin de croix des soeurs e l'Annonciation, d'Héverlée, Belgique (1938) ; enfin, clôt la série, Le Chemin de croix d'Afnée, Suisse (1959).
La force semble le quitter vers 1933; en 1945, c'est l'évidence ; l'exil suisse le déracine, et peindre des montagnes, pour un enfant de la Lys, n'est pas évident. Déjà l'Autoportrait (1931) était faible ; quant à La Mère Ignace, (1941, collection Soeurs de la charité de Renaix), c'est un travail académique.
Servaes est d'abord lui-même dans l'art du fusain, comme Dufy *dans celui de l'aquarelle.

Expositions : 1908, Aula de l'Université, Gand.

R├ętrospective : 1961, Groeningemuseum, Bruges;  1983, Musée de Deinze et de la Lys, Deinze.



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