Fiche de présentation

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KREMEGNE, Pinchus

né le 21 juillet 1890 à Zaloudock, Vilnius, Lituanie; 1909, Beaux-Arts de Vilnius; 1912, arrive à Paris, habite la Ruche* et y sculpte; 1915, se consacre à la peinture; 1918, premier séjour à Céret*; 1940-1945, se réfugie en Corrèze; 1947-1959, séjourne à de multiples reprises en Israël; 1981, meurt début avril à Céret.

Type(s) : Artiste

Présentation : Le Violon bleu, (1914), rassemble en un seul plan le musicien et de petits sujets emblématiques en une composition personnelle et aboutie. Il connaît une explosion tardive de fièvre fauve*, Nu rouge, (1919) et Homme assis, (1920). Vers le milieu des années 20, il trouve sa vitesse de croisière. Dorénavant, ses toiles seront toutes d'un expressionnisme* modéré, dans un mélange adultéré des couleurs, au résultat olivâtre ou grisâtre, éteint. Les objets luisent dans la pénombre comme les carrés des champs luisent sous un soleil terni. Comme les natures mortes de gibier. Jamais d'éclat, jamais de brillances, mais seulement le reflet d'un tourment maîtrisé; c'est une chute des gris qui lui sert à éclaircir et à éclairer. Il ne connaît pas le tragique exacerbé de son ami Soutine*, sauf exception, La Vieille Gare, (1968). Il lui arrive - rarement - d'être cézannien, Paysage de Céret, (1946), Paysage à Céret, (1950). Il ne connaît pas l'ombre qui focalise l'oeil sur la lumière; celle-ci est partout et le regard reste libre. Ses visages sont ingrats si sa peinture ne l'est pas. Enfants prématurément vieillis dans une pâte cuivrée ashkénase. Seuls les nus tranchent par leurs roses épais sous l'épaisseur du pinceau. Ses dix premières années sont plus vigoureuses, plus éclairées, plus inspirées. Une des premières toiles connues, Le Manège, (1913), inspirée du futurisme*, au graphisme elliptique. Puis des toiles décoratives, en 1914 et 1915, Les Deux Amies, (1915, PPG). La Ruche vue de la fenêtre de l'atelier, (1916) annonce sa palette des années 25, mais sans l'aspect louche qu'elle prendra; du rapprochement des jaunes et des verts naît un tout cuivré. Puis il y a la série des Nus rouges, de 1915 à 1920, Nu rouge allongé (1918, PPG) et les portraits, Nu au collier, (1921, PPG) et Autoportrait, (1923, ibid), qui le rapprochent des fauves.

Expositions : 1914, Salon des Indépendants; 1919, Jacques Povolozki, Paris.

Rétrospective : 1959, Durand-Ruel ; 1993, Pavillon des arts, Paris.

Musées : musée d'Art moderne, Céret, 12 oeuvres de 1946 à 1980.