Fiche de présentation

imprimer la fiche

COUTURIER, Robert

né le 2 mai 1905 à Angoulême, Charente, France ; 1918-1924, lithographe;  sculpteur autodidacte ; 1928, fréquente chez Maillol*; 1944-1945, enseigne aux Arts décoratifs de Paris ; 1944, fonde le Salon de mai qui ouvre l'année suivante ;  2008, meurt le 1er octobre à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Dessinateur - Sculpteur

Présentation : De 1923 à 1930, il sculpte tout en rondeurs et plante sur ses femmes un chapeau qui indique qu'il a regardé Renoir,  Maillol aussi qui le remarque en 1928.  En 1936, il se cherche et s'étire. Puis il rôde autour de Lehmbruck* 'Saint Sébastie, (1944) ou La Pensée, (1948), élongation lissé relative. Une autre Pensée,(1946), n'est qu'une courbe.
En 1950, il réalise ses premières oeuvres fondées sur le vide; il leur donne une finesse dans la matière qui approche les deux dimensions et dans le même temps, il géométrise le corps humain. Jeune fille plamlliforme, (1950). Dorénavant il pratique le vide, non à la manière d'un Zadkine* qui le cherche mais en se contentant d'indiquer la forme générale comme s'il s'agissait d'un contour de dessin, mais ce dessin est en bronze. Femme dans un fauteuil, (1950), le corps y est suggéré et les membres se confondent avec le siège, bras et pieds. La souplesse de Femme s'essuyant la jambe, (1952), l'attire du côté des insectes.Idylle, (1956), le corps est incomplet, sans que soient nécessaires les parties manquantes, le sein suspendu à une tige qui remplace torse et bassin. Sur la plage, fusain de 1959, montre un homme et une femme formant cercle. La Femme à quatre pattes, (1968), c'est une autre possibilité du corps humain qui peut faire se modeler comme une table. Femme assise au grillage, (1972) devient cylindre. Dans La Déploration, (1986), groupe rassemblant un gisant et quatre pleureurs, les corps sont réduits à une gangue éviscérée dont il ne reste que la peau sans os ni muscles. Le plus parlant de cette recherche de l'architecture corporelle est sans doute, Armature pour une baigneuse, (1954, MAMVP), agencement de tige qui synthétise la position du corps dans l'eau. Simultanément, il crée d'autres formes émaciées, Esquisse du monument à Etienne Dolet, (1946), Le Faune dansant, (1958) et Le Faune Musicien, (1959), insectes rieurs qui ne suscitent pas la terreur de ceux de Germaine Richier*, Le Berger, (1950), Hommage à Jean-François Millet, (1994), tout en éticité, élongation et creux, L'Homme qui ne marche pas, (1999, MMP). Il amalgame aussi des pièces de fer et le boulonne, Le Soldat au garde-à-vous, (1967), avec des vis qui fixent ses bras longiformes dans la rigidité. Il s'inspire occasionnellement de l'art nègre, lorsqu'il dresse une pirogue aux pieds informes, sommée d'une têt aussi aléatoire. Cela fait partie d'une autre activité, celle de l'agencement de matériaux divers, comme L'Evêque, (1987), tube dentifrice trituré et coiffé d'un dé à coudre, ou Perti cheval, dont le naseau est fait d'une pince à linge, ou encore Autoportrait, (1993), bouts de bois coiffés de clous pourdire sa chevelure à la brosse. Une imagination proche de celle de Picasso*. Comme ce dernier il se livre à la non-figuration, tout à fait occasionnellement, Portrait d'une inconue, (1961). A quatre-vingt-quinze ans, il réalise deux petits chefs d'oeuvre, Nageur, (2000) et Plongeur, (2000), simples lignes de bronze.

Expositions : 1937, Salon des Jeunes Indépendants ; 1947, Anglo-French Center, Londres, (P) ; 1950, Biennale de Venise ; 1951, de Sao Paulo ; 1970, Musée Rodin, Paris, (P) ; 1996, Campredon, L'Isle-sur-la-Sorgue, (P) ; 2000, Musée Rignault, Saint-Cinq-Lapopie et Musée Zadkine, Les Arques, (P).

R├ętrospective : 1975, La Monnaie de Paris ; 2005, Musée Maillol, Paris.

Citation(s) : Il a dit :
- Les dessins préparatoires, je les fais toujours après.