Fiche de présentation

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MARTIN, Agnès

né le 22 mars 1912 à Macklin, Saskatchewan, Canada; passe son enfance à Calgary, Alberta, puis à Vancouver; 1932, s'installe aux États-Unis; 1934, Western College, Whashington; 1941, beaux-arts à Columbia University, New York; commence à s'intéresser aux phlosophies orientales; 1946-1957, vit à Taos, Nouveau-Mexique; 1950, naturalisée américaine; 1957, s'installe à Coentis Slip*, New York; 1967, se retire à Cuba, Nouveau-Mexique, et cesse de peindre après avoir liquidé tout ce qu'elle possède; 1974, recommece à peindre; 1989, élue membre de l'Académie américaine; vit longuement à Galisteo, Nouveau-Mexique; se réinstalle à Taos, dans une maison isolée construite de ses propres mains; 2004, meurt le 16 décembre dans une communauté de retraités.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : " Je n'aime pas l'oeuvre de mes débuts parce qu'elle n'était pas abstraite ", déclare-t-elle et elle les détruit reniant ainsi les influences qui lui viennent de l'expressionnisme* abstrait américain, des Newman*, Reinhardt* et Rothko* ainsi que celles dues à un vague surréalisme* abstrait. Dans les années 1960, elle crée son propre style, celui de la mutité, et sa propre technique : une toile carrée de 1,83 x 1,83, m. enduite de deux couches de plâtre, des lignes au crayon ou au fusain, une mince couche d'huile et depuis 1964 d'acrylique parce qu'il sèche plus vite, le pinceau laissant sa trace visible mais légère et la voilà étiquetée précurseur des minimalistes*. Elle trace de petits carrés, ou de petits rectangles de différents types, comme ceux de cahiers d'écoliers ou de papier millimétré. Fin dessin noir sur une matière de couleurs étouffées et tendres au frémissement ténu dont le premier contact est ressenti comme celui d'un halo clair. Aucune rupture après son silence de sept ans, mais enchaînement, Whte Formes, (1960, SGB). White Stone, (1965, ibid.) est un blanc monochrome et modulé à force de ses couches superposées. Toute sa carrière se déroule dans la continuité avec pour seules variantes la majeur des tonalités et les séquences des traits, sur son format unique qu'en 1992, elle réduit d'environ 6,5% pour qu'il lui soit plus manipulable.En 1985, et jusqu'en 1991, elle explore le sombre, du gris fin au gris sombre et, abandonnant les carrés, elle se cantonne dans l'horizontalité des bandes et des lignes, de bout à bout, Untitled 1, (1984, MNAM). Puis la palette s'éclaircit à nouveau, tandis que la variation de l'écartement des lignes se multiplie, regroupées ou équidistantes. Degottex* se réclame du Zen, et elle, du Tao; tout l'oeuvre est conçu suivant de rigoureuses règles mathématiques. Peinture dépouillée à l'extrême, qui appelle le mot de Jean de la Croix : " Nada " (rien). Comme Rothko*, elle ouvre les chemins de la mystique.

Expositions : 1947, Harwood Museum, Taos, (P) ; 1958, Betty Parsons, New York, (P) ; 1992, Yvon Lambert, Paris, (P) ; 1997, Pace Wildenstein, New York, (P)

Rétrospective : 1991, Musée de la ville, Paris ; 2000 Whitney, New York.

Citation(s) : Elle a dit :
- L'océan est immortel; les îles émergent, demeurent; apparaissent, disparaissent paisiblement dans le balancement d'un souffle silencieux; je voudrais que mes cellules se vident de la notion du temps, qu'elles me laissent trouver la paix sur ce même rivage. Le but de l'art c'est de nous rendre conscient, en esprit, de la perfection : les Grecs savaient que l'on pouvait, idéalement, tracer un cercle parfait mais que nous ne pouvons, en réalité, le faire. Je ne crois pas que le chemin de la réussite passe par quelque chose d'agressif. L'agression révèle une faiblesse de l'esprit. "