Fiche de présentation

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CREMONINI, Leonardo

né le 26 novembre 1925 à Bologne, Italie; grandit en Calabre ; 1932-1936, Beaux-Arts de Bologne ; 1945, académie Brera, Milan ; 1951, s'installe à Paris ; 1975, directeur de l'école des Beaux-arts de Paris ; élu à l'Académoe des Beaux-arts de France ; 2010, meurt le 12 avril à Paris ; inhumé au cimetière de Bologne.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : De 1958 et jusqu'en 1962, sa figuration est réaliste* Tantôt voisine d'Ernst*, et de ses frottages hallucinés, tantôt de Tanguy* et de ses grèves aux cailloux disséminés. Exprimant le plus souvent le mystère et l'inquiétude d'une macrovision portée sur les minéraux, les végétaux en palingénésie, et plus rarement le monde animal. Ceux-là se développent en verts et en brun, celui-ci laisse apparaître des teintes sanguinolentes. Corps et Pierre, (1961) marque la transition par l'introduction de l'humain se mêlant et se confondant avec la roche, (encore que Femme au chat noir, (1951) annonce la géométrisation morcelante des corps.) Puis vient le temps de la spécificité. Il juxtapose les plans de toiles toutes en longueur, par séparations verticales de minces poteaux, de raies multicolores multiples. Asmodée, qui n'aurait pas soulevé le toit, mais enlevé la façade, verrait, à la fois, plusieurs lieux contigus, dont certains aveuglés d'un simple à-plat monochrome. Cette simultanéité d'alvéoles, dont un seul est habité, parle d'incommunicabilité. Le regard se porte vers l'intérieur au travers d'une croisée, d'une porte entrebâillée, d'un chambranle, d'un jeu de miroirs. Silence, solitude, vide, peuplé d'un guéridon, d'une baignoire, Les Parenthèses de l'eau, (1968, MNAM), tout embué de vapeur bleue. Un enfant au visage déjà vieilli fait un geste vers un ballon qui s'envole vers l'invisible. L'enfermement se satisfait du plein air, des plages ensoleillées, dépouillées d'angoisse mais remplies de désespoir. La technique soignée alterne avec des bavures en crêpe qui ajoutent au mystère de l'inconnue. Malgré des différences de technique et de palette - ici, elle ne récuse pas les couleurs vineuses, voire l'acidité -, il y a une parenté étroite de construction, de mise en page, de thématique avec Karl Plattner*. Cette parenté se prolonge jusqu'à l'évoquer implicitement dans les Balcons, (1992-1994), dans L'Orage, (1992-1994), avec son enfant seul face à l'océan. Unique novation, l'adjonction de motifs décoratifs Art nouveau*, un chromatisme acide et des scènes de plages aux rochers érodés jusqu'à l'arrondi dominés par une paire de jambes, La Peau et les pierres, (2005).

Expositions : 1948, Vérone ; 1951, Centre d'Art italien, Paris, (P) ; 1952, 1962, Catherine Viviano, New York ; 1996, Dionne, Paris, (P) ; 1969, Musée d'Art moderne de la ville, Paris ; 1999, 2006, Claude Bernard, Paris, (P).

R├ętrospective : 1969, Palais des Beaux-arts, Bruxelles.