Fiche de présentation

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ERNI, Hans

né le 21 février 1909 à Lucerne, Suisse;  dessinateur d'architecte ; 1927-1928, Arts et étiers de Lucerne ; 1928-1929, académie Julian, Paris ; 1929-1930, Arts appliqués, Berlin ; 1930, séjourne à Paris ; 1930-1933, peint sous le pseudonyme de François Grèque*; épouse la plasticienne Gertrude Bohnert ; 1933, adhère à Abstraction-Création*; 1937-1938, séjourne à Londres ; ca 1940-1956 (Budapest), adhère au marxisme et se trouve au ban de la Suisse (surtout alémanique) officielle jusqu'en 1966 : retrait de commande d'un billet de banque et empêchement de participation à la Biennale de São Pauo de 1951 ; vit à Lucerne et à Saint-Paul-de-Vence.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Il débute par une académie parfaite, Nu, (1928) et un Autoportrait (1929), aux touches allongées, de toutes les nuances de l'ocre, puis se livre aux influences conjuguées de Picasso* et de Braque*, Table au balcon, (1933). De 1933 à 1940, non-figuratif*, il peint des formes métalliques, gonflées, dépliées, ondulantes au gré du vent, Cheval à bascule, (1933) ou Fonction technique, (1936) ; il est sculpteur, cubiste* ou dada*, et de ces formes tridimensionnelles, il tire des photogrammes; en 1934, il introduit le motif des cordes tendues comme le fait, en sculpture, Gabo*, motif que l'on retrouve encore, en 1952, dans une peinture non-figurative ; en 1937, ce sont des assemblages de tiges s'apparentant à des tuyauteries pour s'épanouir en fleur abstraite*, Flora, (1937) ou Avec le courant, (1940). Simultanément, il honore des commandes de fresques folkloriques pour la ville de Lucerne, Les Trois Grâces lucernoises, (1935). Il revient donc, de temps à autre, à la non-figuration, quoiqu'il proclame, pour motif politique, que seul le réalisme lui permet de dialoguer avec le peuple. Néanmoins, En deçà du Bien et du Mal, (1944, Kunstmus., Lucerne) comme Yaltropa, (1945) ont des connotations surréalistes*, cette dernière toile servant d'ailleurs de transition. Ses thèmes picturaux, dont le graphisme s'inspire de l'Antiquité grecque, manient l'allégorie : il ne tombe jamais dans le réalisme socialiste*. Jeune Fille se peignant, (1940) a quelque lien avec Balthus*, tandis que Page de journal d'un urbaniste avec son écorché, repris dans Enserré par la méduse, (1990), confirment qu'il reste sensible u surréalisme. Le style qui le caractérise, et qu'il popularise à compter de 1950 dans de très nombreuses estampes (1955-1992), est celui d'académies tracées d'un trait blanc ou noir de graveur renaissant, Hommage à Picasso, (1950) ou le Cours de l'évolution, (1991) ; le trait doublonne, en allusion à de vrais-faux repentirs ou à des formes sous-jacentes, cachées à l'oeil. Jusque dans son grand âge, la main est ferme, témoin l'installation Le Labyrinthe, (1998, FPi), avec le Minotaure, sculpté, assis sur un fût de colonne au centre de doubles panneaux blancs aux ouvertures contrariées sur lesquels sont dessinés les jeunes gens et les jeunes filles guettés sans que la moindre hésitation ne soit perceptible. En 1951, un voyage en Afrique noire lui fait rapporter de précis et traditionnels témoignages ethnographiques.
Il est affichiste percutant et engagé, (1929-1983), illustrateur, décorateur de théâtre, et artiste du vitrail pour le temple de Martigny  dont trois parmi sept autres, .sont dédiés à la mémoire d'Annette Gianadda, (2012)

Expositions : 1934, Abstraction-Création, Paris (G) ; 1935, Schultess, Bâle, (P) ; 1946, Rotterdam, (G) ; 1951, Main Street, Chicago, (P).

Rétrospective : 1944, 1972, musée de Lucerne; 1966, musée Allerheiligen, Schaffouse; 1976, Centre culturel du Seedamn, Pfaffikon; 1998, Fondation Giannada, Martigny.

Musées : Musée de Lucerne.